Mots improvisés

juin 8, 2008

Humeur : bonne

Vitalité : 0+

Envie : de vacances (J-20)

Voilà des mois que le mot « improvisation » n’a pas daigné pointer le bout de son i sur la première page de ce blog, qui fêtera dans quelques semaines ses deux années d’existence. Plusieurs raisons m’ont ôté l’envie de parler de ce sujet qui m’a pourtant passionné pendant des mois et des mois. Aujourd’hui je ne souhaite pas évoquer tout ce qui a fait qu’à propos de théâtre, 2008 n’eut pas l’intensité de 2007, mais je constate simplement qu’Improvisation et clown s’est lentement privé du mot improvisation, pour conclure l’année sur du clown certes habité de rires, d’un peu de créativité, de beaucoup de couleurs, mais bientôt étranger à la spontanéité.

Peu à peu l’improvisation s’éloigne de moi et j’en ressens le manque qui s’empare tout à la fois de mon corps et de mon esprit.

Cette sensation du danger.

Cette excitation de m’approcher du gouffre, de sentir mes doigts de pieds remuer au dessus du vide et concentrer toute mon énergie à préserver mes talons sur la terre ferme. Saisir le regard du comédien qui m’accompagne dans cet envol où l’on décolle les yeux bandés sans jamais savoir ni la direction ni la durée de notre voyage. Jouer au funambule sur un bout de ficelle tout mou, et se rendre compte, lorsqu’en dessous les lions sont lâchés, que la barre d’équilibre est amputée de moitié. Sauter dans une piscine vide, et tout faire pour la remplir d’eau, de vin ou de balles de ping-pong (vite, vite) ! Monter dans une formule un, couler du béton sur la pédale d’accélérateur, bloquer le volant en direction du mur en acier qui s’approche à cent à l’heure, puis tout faire pour freiner avec les deux pieds contre le bitume brûlant, avant d’enclencher le siège éjectable puis, le plus tard possible, déployer un parachute complètement vrillé.

Rire. Entendre rire de notre audace et de nos talents. Sentir dans les yeux du public la peur qui soudain le tiraille, et lire dans son visage « Pour rien au monde je ne pourrais être à sa place, au milieu de la scène, avec… si peu ».

Si peu, et tant à la fois. Il y a la première seconde, fabuleuse, étourdissante, effroyablement vide, lumineuse et sombre à la fois. Et puis ensuite il y a tout le reste qui, quoique l’on fasse, quoique l’on pense, ne sera que profondément imprévisible. C’est à dire improvisé.

Têtes de…

avril 15, 2008

Humeur : assez bonne

Vitalité : tennis, luminothérapie naturelle

Envie : rien de particulier

C’est le nouveau « truc » qui fait fureur sur Internet en ce moment et qui fait un buzz d’enfer. J’ai complètement oublié le nom de cette nouvelle mode, mais en découvrant ces montages, on se dit que le premier qui a eu l’idée de faire ça, « il devait sacrément se faire chier ».

Le résultat est super chouette malgré tout, et la recherche, la créativité qui y mènent le sont tout autant. Voici les premiers essais obtenus avec mon acolyte non alcoolique Dan et mon petit bout de femme qui s’est aussi prêtée au jeu. A suivre !

 

Humeur : clownesque
Vitalité : clownesque
Envie : de clown

Derrière le rideau, c’est l’effervescence. L’agitation de tous les instants. La créativité bouillonne dans ma tête, les envies aussi. Devant nous, sur les tables, un bric-à-brac sans nom de vieux habits en tout genre, de chapeaux improbables et de perruques fantastiques. Nous saisissons chaque objet, le retournons en tout sens, l’enfilons d’un coté, de l’autre, passons au suivant. Frédérique et moi sommes en pleine ébullition pour notre préparation, tandis que Sandrine et Delphine ont déjà franchi le rideau en musique et suivent les indications de Luis en tentant de maîtriser leurs fous rires.
Chaque seconde qui passe nourrit de nouvelles idées.
– Tiens, mets ça comme ça.
– Ah oui, bonne idée !

Fred s’est affublée de tout un tas de choses dans tout un tas de sens. Elle a mis cette vieille paire de lunettes que j’avais portée pour notre spectacle du mois de mai dernier, enfilé autour du coup un grand collier hideux et s’est confectionné une opulente paire de seins qui tombent lamentablement. De mon coté je prépare physiquement et mentalement mon vieux pépé déglingué. Ce soir j’ai envie de m’amuser.
– Tu veux ça ?
Je refuse le tube de dentifrice que me tend Fred. (Mais si ! Prends-le !). Idée… Et je l’enfourne dans ma poche.

La musique débute, elle nous attend. Je suis dans mon personnage. Regard public. Entrée la plus lente possible.

J’ai baissé au maximum mes lunettes sur le nez, venant butter contre le bout rouge et arrondi du plastique qui le recouvre, et lorsque je passe enfin la tête derrière le rideau pour m’offrir au yeux du public, je ne vois que des formes floues au dessus des bancs, dans l’ombre, alors que les feux des deux petits projecteurs m’éblouissent. Mais déjà j’entends rire à gorges déployées. Je vois les formes floues gigoter bruyamment. Je me mets à leur place, et je m’imagine là, entrant sur scène, vieux bonhomme avec la braguette ouverte, poil aux pattes et menton en avant. Je n’avais pas prévu de rire, mais un grand sourire s’empare de mes lèvres. (Prends-le ce sourire, mais fais sourire ton pépé, pas toi).

Il me semble prendre un temps infini pour atteindre le milieu de la scène et déjà le plaisir de me montrer aux autres dans cette interprétation loufoque me grise. Loin, très loin dans ma tête bouillonnante j’entends la musique que Luis a choisie et presque inconsciemment elle s’invite dans mon esprit pour venir habiter mon personnage. (Tiens, quelle heure il est ?) Je pousse mon personnage dans l’absurdité la plus profonde, et fais toute une scène pour parvenir à regarder la montre que je porte au bras gauche. Et il me semble que devant moi les rires ne peuvent pas cesser. Comme si j’étais inondé de ce carburant magique, m’incitant à vouloir aller encore plus loin, sans penser aux limites, puissent-elles exister. Luis se plie d’un rire que je ne lui ai jamais connu, et cet instant me trouble autant qu’il me ravit.

(Allez pousse, pousse encore). Je sors mon dentifrice et l’exhibe comme un objet révolutionnaire, exceptionnel, trésor inestimable, avant d’en verser sur mon doigt et de me frotter ostensiblement les dents avec. Des « ahhh » de dégoût et des rires d’étonnements accompagnent mon geste, juste avant que je ne sorte un vieux coton tige que je finis par me mettre dans la petite ouverture inférieure de mon nez rouge qui me sert à respirer.

Luis me fait signe des mains de sortir de scène. Derrière le rideau, Frédérique est dans les starting-blocks, elle s’avance juste au moment où il faut. Eclats de rire. Je vois sa perruque dépasser du rideau, derrière moi, et je la sens s’approcher comme une reine immonde. C’est vrai qu’elle ressemble à tout et à rien cette femme multicolore, et notre rapprochement doit être une vision effroyablement incongrue. Alors que je suis difforme, courbé sur mes deux jambes qui d’ailleurs commencent à me faire souffrir à force d’être cambrées, je tourne la tête vers sa poitrine pendante qui m’arrive au visage. En relevant un peu les yeux, je vois que Fred baisse simultanément les siens, et comme dans une complicité évidente, fluide, je croise ses deux yeux bleus et nos deux nez rouges se frôlent. Instant magique.


Le temps ? Il n’y en a plus. Il y a cinq minutes, dix minutes, peut-être un quart d’heure. Mais il y a des rires, des sensations d’exister, de s’envoler. La sensation, grâce à un personnage, de se réaliser d’une manière différente mais toujours très puissante. Oui, qu’il est puissant d’être moi-même dans un autre, de faire des gestes qui viennent de moi, mais de les lui faire faire à lui, à sa manière qui est un peu la mienne, et avec son physique qui vient un peu du mien !


Sortie de scène confuse, suante, floue, les jambes tremblantes d’émotion et de fatigue. J’ai la sensation d’avoir dépensé l’énergie d’un spectacle entier. Mais quel plaisir me transperça, pendant ces quelques instants à tes cotés !

Merci, vieille peau.

Humeur : enfin en vacances !
Vitalité : grasses matinées en perspective
Envie : de tout oublier, sauf le bonheur

Boom booom, boom boom, boom boom.

Derrière le rideau, mon cœur frappe comme une petite balle de caoutchouc à l’intérieur de ma poitrine. Dix fois, cent fois, mille fois, dix mille fois. Depuis l’origine des choses, depuis le commencement de tout, depuis le tout premier jour du tout premier atelier, l’appréhension de ce moment reste rigoureusement intact, garde la même intensité. Deux ou trois grandes respirations ne soulagent pas les assauts insidieux de cette peur universelle.

Mon nez de clown est une précieuse relique, survivant usé des deux spectacles de fin d’année. Déchiré d’un bon quart juste sous les narines, il est tout juste retenu par un bout d’élastique effiloché au soir de sa vie qui menace de me claquer sur le visage à tout instant. Je l’enfile délicatement.

Luis a pris l’habitude de nous vouvoyer lorsque nous sommes sur scène.
Vous êtes prêt ?! hurle t’il, avec son accent espagnol.
Je montre mon pouce tourné vers le bas, à droite du tissu qui me sépare de la scène.
Et combien de temps vous faut-il pour être prêt ?
Je sors mon index.
Une minute ?
Pour m’encourager, mon public fait à voix haute un bruyant compte à rebours.
Soixante ! Cinquante-neuf ! Cinquante-huit !… Six ! Cinq ! Quatre ! Trois ! Deux ! Un !

Boom booom, boom boom, boom boom.
Entrée.

Je me dirige spontanément vers Daniel, chargé de prendre des notes sur l’ordinateur. Nous contenons en même temps un sursaut de rire juste avant qu’il ne baisse la tête derrière l’écran pour se cacher. Je prends sur moi, écarquille les yeux pour me concentrer et ne plus penser à lui, puis me dirige vers le centre pour prendre contact avec le public. Luis prend immédiatement contrôle de moi, il s’empare avec dextérité des fils invisibles qui me relient à lui comme il le ferait d’un pantin de taille humaine, vivant.
Oui oui, baissez encore la tête, rentrez le coup comme ça.
Je m’exécute.
Baissez légèrement vos lunettes sur le nez. Plissez les lèvres, encore, oui, encore, comme ça (il illustre en même temps ses indications).
Je n’arrive pas à respirer, comme d’habitude. De la buée vient se déposer sur mes lunettes.
Les yeux de mes collègues sont écarquillés d’attention. Tac tac tac, regard public. Tout le monde me regarde de curiosité.
Pliez légèrement les jambes, oui comme ça.
Tiens, mon personnage de vieux qui renaît.
Souriez, mais ne montrez pas toutes vos dents.
Rires.

Des dizaines de mimiques, de regards, d’expressions, de vies, s’emparent de mon visage. Je les offre à chacun de mes camarades, au fond des yeux. Luis me malaxe, me malmène, me teste, m’encourage. Je vie avec chacun de mes collègues, je ris avec eux d’un rire qui ne m’appartient pas, celui d’un autre que je découvre en même temps qu’eux. Je joue avec mes mains de timidité.
Oui, oui, continuez avec vos mains, poussez-le, encore plus. Oui !

Je fais n’importe quoi. Je fais l’imbécile, le zouave, l’enfant, le vieux. Je fais le clown.

Oui, bonjour monsieur ! Vous êtes venus pour nous chanter une chanson.
J’acquiesce de la tête.
Vous pouvez nous donner le titre de la chanson ?
« Sy-ra-cu-se ».
J’en aborde avec courage les premières syllabes.
« Voir » ? Comment vous voyez, vous ?
« Tant voir » ? Jouez-le !

Après deux ou trois fastidieuses répétitions, comme convenu Luis met de la musique pour opérer une coupure nette dans mon travail, me changer les idées pour mieux les reconquérir ensuite. Une musique enjouée de dessin animé espagnol, à vouloir sauter partout. Je lâche prise, gigote en tout sens, dévore des yeux mes camarades, l’un après l’autre, je parcours la scène dans toute sa largueur en m’amusant comme un fou furieux.

Et ces rires, qui emplissent l’atmosphère ! Ces rires, inattendus et intenses, comme un nectar dont je me nourris et m’enivre !

Ces rires, ce souffle qui me manquait derrière le rideau, ce souffle qui me manquait dans les premières minutes de mon apparition sur scène, le voilà qui m’emplit enfin les poumons, et le cœur ! Et ceux qui rient de moi, je les aime pour cela, sans aucune limite !

« L’amour, l’amitié, c’est surtout rire avec l’autre,

c’est partager le rire que de s’aimer ».

Arletty

I.n.s.p.i.r.a.t.i.o.n

décembre 17, 2007

Et quoi ?

Je n’arrive pas à trouver mes mots ces temps-ci, comprenez-vous ?

Vous imaginez, vous, perdre la parole, là, maintenant, comme moi je perds mes mots ?

Pourtant ce n’est pas l’envie qui me fait défaut, ni les sujets d’ailleurs. Que deviennent mes sujets favoris depuis si longtemps endormis ?

Bande dessinée : j’ai découvert le sublime « Là où vont nos pères » (Shaun Tan), un auteur qui semble lui aussi avoir perdu l’usage de ses mots. Réalisée avec une minutie hors norme pendant deux ans, cette oeuvre à la portée universelle, servie par un dessin d’une finesse invraisemblable, nous emmène sans un seul mot, mais avec toutes les émotions qu’un coup de crayon peut révéler en nous, sur le chemin d’un homme quittant sa famille pour trouver du travail dans un monde qui lui est totalement étranger. Un symbole puissant de tolérance et d’ouverture, « un hommage à ceux qui ont fait le voyage ».

Shaun1

Shaun2 Shaun3

Figurine : sur mon bureau de droite, je vois mon hussard ailé, encore amputé d’un bras, me fixant de ses yeux de plomb. J’arrive, camarade, j’arrive…

Théâtre et Improvisation : l’année dernière fut celle de la rencontre, cette année celle de l’étreinte. Et qui trop embrasse mal étreint, n’est-ce pas ? Bien que je n’aie pas vraiment la main verte, je préfère cultiver mon petit jardin secret de l’improvisation, conscient que mes chroniques théâtrales, moins fréquentes car en perte d’intensité, inspirent moins de sympathie à mes nouveaux collègues improvisateurs que l’année dernière, à la même période. Aucune émotion ne peut se reproduire telle quelle à plusieurs reprises dans une existence : loi universelle et implacable sans laquelle les doux souvenirs du bonheur ne sauraient exister.

Cinéma : le vide total, depuis « Ratatouille ». Mais ça fait du bien d’être une star de cinéma, le temps d’un dessin animé…

Rémy le rat

Musique : aurais-je encore le courage de marteler les esprits avec l’œuvre Radiohead ?

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Je n’arrive pas à trouver mes mots ces temps-ci, comprenez-vous ?

Ah si… Je travaille sur un nouveau projet d’écriture. L’idée m’est venue comme cela, un après-midi, comme une soudaine révélation. C’est cela qui me passionne dans l’écriture, cet instant sublime où une idée me traverse l’esprit, m’incite à prendre un bout de papier et à écrire quelques lignes de ce qui constitue l’amorce d’un nouveau texte.

En vérité, j’ai beau posséder aujourd’hui une belle amorce, enrichie en quelques semaines par huit autres pages élevées plus ou moins à mon niveau d’exigeance, je n’ai à ce jour en tête ni aucun titre, ni aucun dénouement. Situation qui me rend aussi perplexe qu’inquiet, croyez-le bien, mais après tout, prions tous que la conclusion de ce projet qui me tient à coeur, me vienne comme m’est venue sa naissance, délicieuse et inattendue.

Alors voilà, c’est l’histoire de…

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Humeur : sereine
Vitalité : couché tôt hier soir, sieste ce midi dans ma voiture
Envie : d’audace

Les images de l’atelier de jeudi me reviennent en mémoire. Les sensations aussi. 

 C’est un exercice que nous avions déjà fait l’année dernière, à peu près à la même période, je m’en souviens comme d’hier. Douze mois plus tard je retente cette expérience déconcertante, affublé d’un masque. Derrière le rideau, Luis nous chuchotte :« Vous vous apprêtez à dire adieu votre meilleur ami pour la dernière fois : vous ne le reverrez jamais. Mais vous êtes en retard au rendez-vous, et arrivé sur le quai vous tentez désespérément de le retrouver, lorsque soudain en levant les yeux, vous l’apercevez au loin sur un bateau qui s’éloigne, et lui ne vous voit pas. » 

Je rentre sur scène pour rejoindre mes trois collègues, qui joue indépendamment la même scène. Après avoir occupé un peu l’espace, je me rapproche de Cyril me faisant face dans le public, et au bout d’une ou deux minutes je regarde mon meilleur ami lentement s’éloigner.

Je n’arrive pas à respirer sous le masque. De la buée vient chaque seconde se déposer sur le verre droit de mes lunettes. Je suis en péril. A la difficulté de ma situation de théâtre vient se mêler peu à peu la sensation de détresse que provoque en moi la séparation vécue. Je fixe du regard Cyril et Nolwenn, alors que mes yeux piquent d’étouffement et de fatigue, puis je tourne la tête vers Frédérique, qui me jauge d’un air déconcertant de curiosité. Alors que je perçois sans les regarder mes collègues quitter la scène, je sens le silence s’emparer de mon environnement, et Luis, concentré, les yeux plissés, semble comme absorbé dans l’observation de ma présence, à l’affût de la moindre étincelle de vie émanant de ma personne.

Un sentiment similaire à celui qui m’avait traversé lors d’un exercice l’année dernière s’empare de moi. Je réprime la soudaine nécessité de pleurer, surpris par cette venue incontrôlée. Lentement, en marche arrière, sans savoir ni ce qu’il se passe ni comment terminer ma prestation, je sors de scène.

A la fin du cours, après m’être assis machinalement dans ma voiture, le silence de la nuit s’installe. 

Au dehors, un vent puissant semble vouloir déplacer des arbres entiers, et il vient bercer ma voiture comme un landau.

 « La nature prouve qu’elle nous veut du bien puisqu’en nous donnant des larmes elle nous donne le meilleur : la sensibilité. »

Juvénal     

Playback: T-shirt store

décembre 8, 2007

« Le temps ne fait rien à l’affaire
Quand on est con, on est con
Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d’la dernière averse
Vieux cons des neiges d’antan »

Noah Kalina : « Everyday »

décembre 2, 2007

Noah Kalina