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juin 28, 2008

Tout a un commencement.

Tout a une fin.

Voilà deux années écoulées pendant lesquelles j’ai consacré des heures entières à choisir mes mots pour les offrir par le biais de ce cher « blog », à ceux et celles qui, papillonnant sur l’immensité du Net, ont bien voulu venir poser leurs ailes ici quelques instants : merci infiniment pour ces précieux moments. Merci pour vos indifférences, vos réactions et encouragements qui furent pour moi autant de jalons qui ont permis à mon écriture de prendre peu à peu son ampleur.

Car finalement, il n’était pas tant question ici de cinéma, de musique ou de théâtre, que d’écriture, tout simplement. Musset avait susurré « Qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’ivresse ». Quant à l’écriture, dont le cœur battait chaque jour sur l’art niak, peu importait le thème abordé, tant qu’il y avait la passion des mots. Passion intense, exigeante, colorée, instable, source profonde alternativement de bonheurs et de doutes.

Ecriture, je t’aime, je te respecte, tu me fais vivre.

Je vois à quel point tu as évolué en vingt-quatre mois, au travers des 187 articles sur lesquels tu as eu droit de vie, et de mort. Il y a encore, parsemés ici et là, quelques ébauches dont tu n’as pas voulu, ni moi d’ailleurs. Ces ébauches s’éteindront lentement, où renaîtront d’un second souffle ailleurs, peut-être. Je constate le fascinant pouvoir que tu as exercé sur moi, m’incitant sans cesse à explorer et à travailler les différentes formes littéraires dont tu voulais te parer. Aujourd’hui je suis habité par un goût profond pour le sens du mot ou de l’expression justes. Aujourd’hui je suis investi d’une exigence littéraire, que je n’avais pas il y a deux ans. Mais après tout, à y regarder de plus près, grâce à toi j’ai fait des progrès, et inversement.

S’il y avait un seul article à garder ? Non, ce serait trop difficile. Ce serait même une souffrance, une torture, que de se forcer à cela. L’art niak est une structure, sur laquelle chaque organe est venu se fondre, petit à petit. Ne lui enlevez ni son cœur, ni son âme, car tous deux ont égale importance dans l’acte d’écriture. Ne lui ôtez ni sa sphère cartésienne, encore moins sa dimension artistique. Ne le privez point de ses jambes, sans lesquelles il n’aurait pu faire tout ce chemin, ni moins de ses mains, qui ont façonné tant de choses ici.

L’art niak est un univers. Au début il n’était rien. Rien qu’un jeu de mots, synthétisant justement le sens artistique que je souhaitais lui donner dès le début, et les origines asiatiques auxquelles je suis attachées, à défaut de prendre réellement le temps de les cultiver. Il semblerait d’ailleurs que j’aie hérité de ce grand-père vietnamien que je n’ai jamais connu, la même passion des mots.

Tout a un commencement.

Tout a une fin.

Même les plus belles phrases, aussi douces soient-elles pour celui qui les lit, et aussi vitales pour celui dont elles proviennent.

I.n.s.p.i.r.a.t.i.o.n

décembre 17, 2007

Et quoi ?

Je n’arrive pas à trouver mes mots ces temps-ci, comprenez-vous ?

Vous imaginez, vous, perdre la parole, là, maintenant, comme moi je perds mes mots ?

Pourtant ce n’est pas l’envie qui me fait défaut, ni les sujets d’ailleurs. Que deviennent mes sujets favoris depuis si longtemps endormis ?

Bande dessinée : j’ai découvert le sublime « Là où vont nos pères » (Shaun Tan), un auteur qui semble lui aussi avoir perdu l’usage de ses mots. Réalisée avec une minutie hors norme pendant deux ans, cette oeuvre à la portée universelle, servie par un dessin d’une finesse invraisemblable, nous emmène sans un seul mot, mais avec toutes les émotions qu’un coup de crayon peut révéler en nous, sur le chemin d’un homme quittant sa famille pour trouver du travail dans un monde qui lui est totalement étranger. Un symbole puissant de tolérance et d’ouverture, « un hommage à ceux qui ont fait le voyage ».

Shaun1

Shaun2 Shaun3

Figurine : sur mon bureau de droite, je vois mon hussard ailé, encore amputé d’un bras, me fixant de ses yeux de plomb. J’arrive, camarade, j’arrive…

Théâtre et Improvisation : l’année dernière fut celle de la rencontre, cette année celle de l’étreinte. Et qui trop embrasse mal étreint, n’est-ce pas ? Bien que je n’aie pas vraiment la main verte, je préfère cultiver mon petit jardin secret de l’improvisation, conscient que mes chroniques théâtrales, moins fréquentes car en perte d’intensité, inspirent moins de sympathie à mes nouveaux collègues improvisateurs que l’année dernière, à la même période. Aucune émotion ne peut se reproduire telle quelle à plusieurs reprises dans une existence : loi universelle et implacable sans laquelle les doux souvenirs du bonheur ne sauraient exister.

Cinéma : le vide total, depuis « Ratatouille ». Mais ça fait du bien d’être une star de cinéma, le temps d’un dessin animé…

Rémy le rat

Musique : aurais-je encore le courage de marteler les esprits avec l’œuvre Radiohead ?

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Je n’arrive pas à trouver mes mots ces temps-ci, comprenez-vous ?

Ah si… Je travaille sur un nouveau projet d’écriture. L’idée m’est venue comme cela, un après-midi, comme une soudaine révélation. C’est cela qui me passionne dans l’écriture, cet instant sublime où une idée me traverse l’esprit, m’incite à prendre un bout de papier et à écrire quelques lignes de ce qui constitue l’amorce d’un nouveau texte.

En vérité, j’ai beau posséder aujourd’hui une belle amorce, enrichie en quelques semaines par huit autres pages élevées plus ou moins à mon niveau d’exigeance, je n’ai à ce jour en tête ni aucun titre, ni aucun dénouement. Situation qui me rend aussi perplexe qu’inquiet, croyez-le bien, mais après tout, prions tous que la conclusion de ce projet qui me tient à coeur, me vienne comme m’est venue sa naissance, délicieuse et inattendue.

Alors voilà, c’est l’histoire de…

Un an déjà ! Le temps est un géant qui avance à grands pas sur l’échelle de l’existence, et cette année s’est écoulée pour moi comme un battement de cil. Belle occasion que ce 28 juin 2007 pour lever la tête du clavier, relever les compteurs et faire le bilan de ces 365 jours de passion.

Relevé des compteurs

103 articles ont été publiés sur l’art niak, soit environ 2 articles par semaine en moyenne, visionnés au cours de 16 827 visites (46 par jour en moyenne, pointe à 540).
111 commentaires sont venus faire vivre ces billets.
Mon article « Sexblog » est bien évidemment le plus consulté de l’art niak (1 419 visionnages), preuve concrète que les mots clés les plus recherchés sur les moteurs de recherche sont à connotation sexuelle !

Ce qui m’a traumatisé

Je me suis rendu compte très récemment que je confondais depuis des années et en toute impunité Paul Verhoeven et David Cronenberg, en d’autres termes je pensais que « Basic Instinct », « Total Recall », « Robocop » d’une part, « La mouche », « Existenz » et « Crash » d’autre part, étaient du même homme. Confusion pardonnable pour le commun des mortels me direz-vous, mais profondément traumatisant pour le mortel cinéphile que je suis.

Le jour où m’a stagiaire m’a expliqué sans honte aucune qu’elle n’avait jamais vu « Pulp Fiction » d’une part, et qu’elle venait de comprendre que Anakin Skywalker était le futur Dark Vador d’autre part, m’a secoué. Toujours dans le domaine de Star Wars, ma femme a comparé un jour mon sexe à Jabba The Hutt. Que ce personnage soit une grosse et répugnante limace baveuse qui finit étranglée par les chaînes de sa belle esclave en bikini, voilà qui me fait parfois réfléchir au réel dessein de mon épouse.

Jabba

Ce qui m’a passionné

Beaucoup de choses, bien évidemment, puisqu’il n’y a point d’écriture sans passion. Mon goût pour le cinéma ne cesse de s’affirmer : sur le grand écran, « Babel » et « Je vais bien ne t’en fais pas » m’ont bouleversé, « La cité interdite » m’a subjugué et « 300 » m’a profondément secoué.

Dans le domaine de la bande dessinée, l’année a été marquée par la découverte de l’œuvre « Murena » au travers de son premier cycle et dont je découvre en ce moment la suite. Les deux tomes de « Toxic planet » ont égayé ma bibliothèque et « Chevaliers dragons » entre contre toute attente dans mon panthéon des bulles.

J’ai assisté à mon premier concert de Radiohead à Rock en Seine, après dix ans de passion pour ce groupe hors du temps. Soirée marquée à l’encre indélébile dans mon esprit de musicien. Ce même soir je me passionne pour Grand Corps Malade. Son inspiration, sa sincérité et son sens artistique sont aujourd’hui pour moi une grande source d’admiration. Enfin, je me suis rendu compte qu’à chaque écoute, le solo de guitare de « The wall » des Pink Floyd est un des moments de musique qui me fait le plus vibrer au monde.

Yorke

Théâtre, enfin et pour finir, puisque l’improvisation a changé ma vie, elle m’a prit dans ses bras, m’a enserré avec fougue et offert un voyage intense hors du temps, coloré, joyeux et dont le seul carburant était le bonheur. Le bonheur de s’ouvrir aux autres, de rire, d’oublier, d’apprendre, de s’envoler, de se sentir être. Mon spectacle de fin d’année fût l’une des expériences les plus intenses que j’aie pu vivre en l’espace de vingt-huit ans. L’improvisation n’est peut-être qu’une étape, une porte d’entrée, mais elle m’a insufflé le goût de la comédie.

What else ?

J’avais fait des catégories Dessin, Figurines, Improvisation et Ecriture les quatre piliers de l’art niak. Force est de constater que le dessin ne fait malheureusement plus partie de mon univers. Pour l’instant du moins. La révélation de Grèce, il y a un peu plus d’un an, s’était suivie de quelques très beaux coups de crayon. Mais je me suis retrouvé un beau jour dépourvu de toute inspiration, comme si le dessin avait été une énergie furtive m’ayant traversé comme un don magique… Peut-être que ce souffle me reviendra un jour.

Ma passion pour la figurine s’est aussi essoufflée. Activité trop répétitive à mes yeux, m’ayant incité à fréquenter des concours où le même petit groupe, dont j’ai fait partie à ma manière un certain moment, avait pour habitude de s’auto-congratuler, donnant aux médailles un goût amer, surtout lorsqu’elles m’échappaient assez injustement…

L’écriture est toujours le fil de mon existence. Plus que jamais. L’art niak m’a permis de donner des ailes à mon écriture et surtout, suprême récompense, de trouver des lecteurs, des lectrices, dont certains m’ont témoigné un très chaleureux soutient. Merci infiniment à cette poignée de fidèles dont la seule présence suffit à m’insuffler la détermination de poursuivre dans cette voie.

J’ai appris, j’ai compris que le talent ne s’invente pas.

Il ne s’achète pas, il ne se dérobe pas, il ne se provoque pas.

L’inspiration est un souffle qui me traverse par moments et me donne l’énergie de la création. Le temps d’un mouvement de stylo sur ma page blanche, ou l’instant d’un geste et d’une réplique, sur scène. Je sais pertinemment que lorsqu’une agitation s’empare soudain de moi, qu’il m’est vital de prendre un bout de papier pour écrire, je sais alors que cette énergie m’appartient.

L’art niak est pour moi une clé de lecture qui m’a permis de faire le bilan concret de ce que j’ai pu faire jusqu’à présent de mon existence et la manière dont se profile mon futur. C’est par conséquent une manière de bâtir à mes pieds le chemin de l’art, marche après marche, pierre après pierre, alimentant ainsi une détermination profonde et intime de vouloir être meilleur chaque jour qui passe.

 

 

Cette semaine se tient le 28ème mondial du Modélisme au salon du Bourget. Sur le thème des figurines, on peut lire sur le site quelques mots dont la pertinence mérite d’être rapportée :

« La « sensibilité figurine » trouve souvent ses racines dans les jeux d’enfants, les soldats, l’attrait pour l’Histoire humaine, les passions, les événements qui jalonnent l’Histoire de l’Humanité tout entière. Rendez-vous avec une certaine forme de perfection… »

Je crois en effet que ces deux phrases expriment parfaitement ma passion pour les figurines historiques et permettent de valoriser, aux yeux d’autrui, cette activité méconnue. Car lorsqu’il m’arrive de faire part de ce loisir, on l’associe très souvent aux « petits soldats » de l’enfance, image qui correspond finalement peu à la figurine historique.

« Sensibilité », car à mes yeux la peinture de figurines ne peut se vivre comme un simple passe-temps mécanique. Activité artistique à part entière, elle ne peut se passer de sensibilité.

« Histoire humaine », car au coeur de notre Histoire universelle se trouve l’homme, l’individu. « Passions » car rien de grand dans le monde ne s’est fait sans passion.

« Soldats », car les conflits de toutes tailles ont façonné l’Histoire des peuples et des pays. Et la figurine, c’est cela, représenter l’homme en guerre, l’homme courageux, l’homme victorieux, l’homme vaincu, l’homme conquérant et l’homme perdu. Celui qui se sacrifie, celui qui se bat pour la liberté de ses proches, pour la défense de son village, de sa ville, de sa région, de son pays ou de sa religion.

« Perfection », car bien au-delà de la notion de minutie et de patience associées au modèle réduit, l’exigence de la perfection et de la précision ce n’est qu’une seule chose fondamentale, c’est le respect de l’Histoire et de ceux qui l’ont vécue.

Officier-artillerie Brothers Hussard-mort Lancier Azincourt Grenadier Celte Cameron-officer

Tambour Officier-anglais Tiger-rifle

A.r.t

février 28, 2007

Ce matin une bouffée d’émotion vient soulever les premières heures de mon éveil. Et malgré un lendemain d’atelier d’écriture qui aurait pu se vivre les yeux secs et embués de fatigue, je m’élève ce matin comme imprégné d’une lucidité proche du bonheur.

La question du bonheur est une question universelle, semée d’embuches, peuplée de doutes et bordée d’innombrables ignorances. Dans le cœur de l’homme tranquille se laissant porter par l’existence comme un bouchon de liège sur l’océan, elle est inexistante. Dans celui de l’homme en proie aux variations inévitables de la vie, elle va et vient sans trop de remous. Dans celui de l’artiste, enfin, elle est omniprésente.

Car l’artiste est constamment tiraillé entre les deux extrêmes de l’euphorie et de la frustration. L’euphorie (le bonheur) d’une part, de voir en toutes choses de la vie une forme d’art, celle de pouvoir saisir le naturel, l’intuitif et d’en faire une interprétation artistique. La frustration, d’autre part, de vivre à un rythme inaltérable ces moments de doutes, d’absence d’inspiration et de vide. Car la monotonie, la normalité n’ont pas de place dans le cœur d’un artiste, il use son âme à essayer de dompter cette bête sauvage qu’est la passion. Relisons ici les mots du norvégien Henrik Ibsen :

« Vivre, c’est lutter contre les démons du coeur et du cerveau. »

Pour un homme étranger à l’art -certains diront « insensible », je dirais plus justement « malheureusement dépourvu de sensibilité »-, l’art est incompréhensible : l’artiste est risible, l’art une pratique inutile, intellectuelle.

De là où je suis, de là où je vis, de ma position de petit être traversé d’élans créatifs, artiste en herbe, l’activité artistique est un besoin vital, une sorte de carburant existentiel sans lequel je ne pourrais poursuivre mon chemin.

J’aime Chopin, j’aime Schubert. J’aime Gastinel qui joue Schubert. J’aime AC-DC, Grand Corps Malade et Michel Delpech. J’aime Goscinny et Gibrat autant que Ingres, Messonnier et Detaille. J’aime le foie gras et le steak frites.

Je ne peux me passer d’écrire, de peindre, de faire du théâtre, par boulimie sans jamais ressentir l’excès. J’aimerais savoir dessiner comme je sais écrire et comme certains savent parler.

Fluidité, cohérence, persuasion, passion.

J’aime être lu. Un jour, dans cette existence ou une autre, sur Terre ou sur Mars, j’écrirai des mots que des milliers de gens aimeront. J’aime le cinéma, je m’y rendrais tous les jours si la Terre ne tournait pas si vite sur elle-même et ferait durer les journées plus de vingt-quatre heures.

Pour l’heure je suis au bureau, en train de grignoter de longues minutes de mon travail pour satisfaire mes élans.

Biologiquement, socialement et historiquement, je suis Rémy.

Ici je suis Guybrush.

Longue vie à l’art niak.

Officier 1

Et hop ! Un dernier coup de pinceau par-ci, un dernier coup de pinceau par-là, et voilà une dernière figurine qui rejoint ses petits camarades dans la vitrine du salon… Enfin pour peu de temps puisqu’elle est destinée à mon vénérable client, dont il fera l’acquisition pour la presque modique somme de 120 euros.

Quel plaisir intense que d’observer, à travers la vitre, une figurine fraîchement terminée. Prendre du recul, se féliciter de telle ou telle réussite, reconnaître tel ou tel petit défaut. C’est bien là le moment le plus agréable de la peinture d’une figurine : ces quelques minutes d’observation la miniature étant tout juste exposée.

A bien l’observer, meritera-t’elle toutes les attentions des juges lors du concours de Sèvres les 18 et 19 novembre prochains ? En toute objectivité (non sans une certaine dose d’auto-satisfaction à vrai dire) je pense que…. Oui. Ben quoi, à force de discussions avec les number one de la figurine en France, j’ai suivi tous les conseils qui m’ont été si gentillement donnés. « Force tes ombres », « Force tes clairs », « Soigne tes décors », « Continue, je suis sûr que tu peux faire des belles choses ».

L’avantage lorsque l’on n’a pas assez de temps pour se consacrer corps et âme à une passion, pour la seule raison d’en avoir bien d’autres à satisfaire, est de ne pas avoir constamment la tête dans le guidon. Prendre du recul, faire le vide, ne plus y penser, revenir sur le sujet l’esprit clair, voilà la clé de la réussite et de l’innovation. Aujourd’hui à mes yeux, prendre un pinceau pour peindre une figurine, c’est un peu comme enfiler son tablier et s’atteler à la création d’une nouvelle recette de cuisine (à la façon petit plat mijoté) :

« Avant la peinture, commencer par travailler la position du personnage sur le socle, prévoir le décor et faire un essai à blanc. Débuter la peinture par le visage qui est le « centre névralgique » du sujet (compter trois heures de travail minimum). Laisser reposer. Appliquer les grands ensembles de couleurs sur les grandes surfaces. Ne pas avoir peur d’utiliser au moins deux couches de base déjà contrastées pour amorcer les ombres et les clairs. Travailler les ombres, en finissant les mélanges avec du noir, travailler ensuite les clairs, en finissant les mélanges avec du blanc, revenez sur les endroits de dégradé pour refondre les couleurs. Attaquez les petits détails qui font toute la saveur du sujet. Préparer le décor, saupoudrez d’herbe synthétique sans négliger sa mise en couleur, coller délicatement la figurine sur son support en contrôlant la cohérence de sa posture. Servir bien sec. Souriez, c’est terminé ! «  (ça fait juste 60 heures que je suis au fourneau…)

Rendez-vous le 19 novembre pour la remise des prix !!!

Officier 3 Officier 4 Officier 5 Officier 6

Officier de cavalerie 1 Officier de cavalerie 2

Peinture figurine ombrage éclaircissement acrylique 54 mm.

Excusez-moi, c’était des mots clés, juste pour générer du passage sur mon blog :s !!!

Ca y est, j’ai terminé l’officier de cavalerie de chez Art Girona, sculptée par l’incontournable Raul Latorre… Le temps de bien laisser sécher la colle sous les pieds, laver les pinceaux, poser un dernier œil critique sur le sujet et hop ! Une de plus dans la vitrine ! Je commencerai par résumer mon travail en quelques points clés, suite à quoi vous pourrez trouver un article complet comportant les détails de sa réalisation.

Toutes les peintures utilisées sont des acryliques Prince Auguste.

Uniforme : une teinte de base plus sombre a été utilisée pour la partie située sous la ceinture de manière à accentuer le dégradé vertical,

Ceinture : utilisation d’une teinte jaune ombrée au marron puis au noir,

Gants : application d’une couleur de base sombre éclaircie rapidement vers le blanc pur,

Socle : barrière en balsa, baril du commerce en résine, herbe synthétique recolorée, végétation naturelle repeinte.

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Visage

Comme pour toutes mes figurines, j’ai commencé par la réalisation du visage. Après avoir tenté un mélange plus sombre que d’habitude, j’ai obtenu ce qui pouvait plus ou moins ressembler à un mort-vivant, à savoir une teinte pâle sur un fond grisâtre, problème que j’ai très vite résolu en décapant le visage au dissolvant (procédé psychologiquement difficile pour un figuriniste par définition soigneux !). La deuxième tentative, maîtrisée car éprouvée (mélange de base couleur chair moyen 960 + blanc 951 + marron + une pointe de rouge de cadmium brûlé 514), m’a donné plus grande satisfaction.

Uniforme

Concernant la peinture de l’uniforme, j’ai souhaité dès le départ créer un premier contraste en utilisation deux teintes différentes, opération facilement réalisable par la présence de la ceinture séparant en deux la figurine. Le mélange de base utilisé comporte du Bleu de prusse foncé 899, du Bleu mat 962 en égale quantité ainsi qu’un peu de marron, la teinte supérieure comportant davantage de Bleu mat (plus clair) Les ombrages ont été réalisés en rajoutant du noir dans le mélange de base, jusqu’au noir presque pur pour les parties les plus sombres, les éclaircissements ont été menés en rajoutant progressivement du Bleu mat puis du blanc pur dans le mélange. Sur certaines parties il est nécessaire de venir fondre tant bien que mal (le séchage étant quasi instantané) les couleurs à l’aide d’un pinceau fin humide. Les boutons ont été peints à l’encre d’imprimerie dorée assombrie par un glacis de noir (bien attendre le séchage de l’encre, 24 h pour être tranquille).

Gants

Pour la peinture des gants, j’ai souhaité partir d’une teinte sombre et accentuer le travail vers les clairs (habituellement je pars d’une teinte moyenne, ombrée puis éclaircie). Classiquement j’utilise un mélange comportant du Blanc 951, du Gris vert 886 et de l’Ocre jaune 913 à des doses plus ou moins définies. L’expérience est positive, une réserve étant donnée, sans surprise, aux teintes comportant une grande quantité de blanc donnant un aspect granuleux pour un séchage très rapide, ce défaut étant surtout visible à la loupe.

Ceinture

La teinte de base, son ombrage et ses éclaircissements n’ont pas posé de problème particulier, cependant j’avais pour idée d’accentuer l’ombrage par un glacis au noir. Mauvaise idée. Le résultat obtenu est un aspect très sale, laborieusement rattrapé en réappliquant une teinte jaune, éclaircie par la suite. Ce n’est jamais bon de repasser sur une couleur déjà travaillée !

Socle

J’ai apporté un grand soin à la réalisation du socle, lassé certainement par l’accumulation des « travaille tes socles », « travail tes décors » et autres « tes socles sont un peu pauvres »… J’ai donc décidé de réaliser ma première barrière à partir de vieux bouts de balsa retrouvés dans mon bazar figurinistique. Les parties verticales, plus épaisses, ont été percées pour y insérer les planches horizontales. Elles ont été poncées et légèrement retravaillées au mastic. J’ai rajouté des rainures au cutter avant de les peindre. La barrière a été collée à la superglue sur le socle, avant de la consolider à l’aide du rebouche-bois servant de matériau de base sur le socle.

Le baril est issu d’un produit de chez Verlinden, payé une fortune. Mais après tout le résultat est plus qu’acceptable, avec une gravure plutôt bien réussie.

Baril Verlinden

Le revêtement du socle est une herbe synthétique recolorée à l’aide d’un mélange de verts et de marron, éclaircie rapidement vers des tons très clairs pour lui donner du volume. Pour les plus curieux, les photos de la progression sont ici.

Pour plus d’originalité et pour créer un lien entre la figurine et son socle, j’ai décidé de fixer le sabre sur la barrière plutôt que le lier à la figurine et je suis tout à fait satisfait de l’effet produit, même si le sabre est légèrement caché par le baril.

Cette figurine rejoint le zouave des « Tiger rifles » de la même époque, à savoir la guerre d’indépendance américaine.

Prochaine figurine : un officier d’artillerie napoléonienne, une commande de mon « client-collectionneur » qui doit l’attendre depuis le début de l’année… au boulot !

Peintures

Quel plaisir de retrouver le pinceau et la palette, de réapprivoiser les caprices de la peinture acrylique et se battre sans cesse avec le bout de ses doigts pour obtenir l’effet qui accroche l’œil, l’ombrage réaliste, la lumière qui tombe… Après plusieurs mois d’absence à mon atelier de peinture, j’ai comme l’impression de redécouvrir l’art de peindre des figurines, imprégné d’une maturité nouvelle. Ca peut paraître dénué d’intérêt de le dire, mais la peinture est une question de patience. Ce n’est pas tant de patience temporelle dont il s’agit, car celle-ci toute personne quelque peu minutieuse est en mesure de l’acquérir, mais je veux parler de cette patience et cette indulgence envers soi-même, si difficiles à cultiver. Avec l’expérience je constate ma capacité à peindre sans me soucier du temps, sans penser de manière obsédante aux prochains concours, au nombre d’heures passées plié en deux sur mon bureau, un pinceau dans les mains et une loupe autour du crâne.

Pinceaux

Je connais certains peintres de haut niveau incapables de se passer de peinture : à peu de chose près, ils ont 365 jours par an un pinceau dans les main. Ca tourne à l’obsession… C’est pas trop le but pour moi. Je crois que l’atteinte du plaisir insouciant, dans la peinture telle que je la pratique est un but réellement difficile à atteindre. Je tente peu à peu de me détacher de l’auto-exigence et de l’insatisfaction permanente, omniprésentes dans cette activité. Pourtant il faut savoir doser celles-ci patiemment car elles sont la source unique de progrès.

S’il fallait résumer en une idée la peinture de figurines, à mes yeux, c’est d’apprendre à accepter son imperfection. Avec l’expérience acquise au fil des années, pourtant assez limitée, je connais par coeur l’insatisfaction ressentie de manière constante lors de la peinture d’une figurine, effacée au final par l’incroyable plaisir de la voir terminée dans la vitrine, comme si, finalement, je pouvais me dire « tu vois, tu t’en sors pas si mal que ça ! »…