36ème air du temps : jap.

avril 25, 2008

Humeur : off pour six jours !

Vitalité : usé (piscine, tennis, théâtre)

Envie : d’une Häagen-Dazs Cookies & Cream

« La camionnette est pas là. Je prends ailleurs ou un jap ?

– Je suis en double appel. Peu importe, prends ce que tu veux. »

Dommage qu’il ne soit pas là, le pizzaïolo dans sa camionnette blanche. D’habitude il est là tous les vendredi soirs, et de temps en temps j’aime bien aller lui commander une pizza au feu de bois (Reine ou 4 saisons, saveurs éternelles). Elles sont délicieuses, ses pizzas, à « Luigi », surtout un soir de week-end. Lorsque j’arrive ces soirs-là, derrière le comptoir, un délicieux petit brin de jeune femme prend ma commande, l’accompagnant d’un sourire pas possible (un sourire à refuser de passer la nuit dans la baignoire). Ca ne fait pas très large, l’arrière d’une camionnette, pour caser un four au feu de bois, les boîtes à légumes et fromages, les boîtes à pizzas, la caisse, les boissons, les desserts faits maison, ma jolie vendeuse avec micro-oreillette-téléphone portable intégré et, bien évidemment, Luigi (ou Jean-Paul, vas savoir…) qui, de dos, agite ses bras dans un nuage de farine puis enfourne les pâtes garnies au milieu du foyer qu’un ballet de flammes jaune vif vient égayer.

Luigi n’est pas là ce soir. Il est près de 21 heures et je l’aurais pourtant bien méritée, ma pizza, tout comme je l’ai mérité, mon week-end (j’ai encore les traces de ma chaise sur les fesses, mes doigts brûlent d’avoir trop tapoté sur mon clavier d’ordinateur et mon cerveau y est encore, au bureau).

Direction le restaurant japonais, dans lequel je n’ai jamais eu ni le courage ni l’envie de mettre les pieds, vu l’environnement pas très réjouissant où il est implanté depuis quelques années maintenant. Il y a une agitation pas possible là-dedans. De part et d’autres de l’allée centrale où une fontaine zen accueille le visiteur en quête de poisson cru, se dressent de nombreuses tables où, dans un brouhaha général des amateurs déjà nombreux dînent sous une lumière tamisée. En m’approchant de l’îlot qui succède à la fontaine, j’aperçois trois préparateurs qui s’agitent derrière le comptoir, sur lequel attendent des dizaines de plats garnis de sushis, sashimis, makis et de bols de riz fumant. Le japonais duquel je m’approche ne lève même pas le nez, tellement il est absorbé dans la concentration que la rapidité de son geste nécessite. En observant mieux la configuration du restaurant, j’aperçois le comptoir principal qui se trouve au fond de la salle, et m’y dirige tranquillement. Ce trajet de quelques pas me donne l’impression d’être dans un autre espace-temps, si nombreux sont les serveurs et les serveuses aux cheveux noirs qui parcourent en tout sens le restaurant au pas de course autour de moi. Pendant que je consulte le menu codé, j’ouvre mes sens à l’agitation ambiante. Il y a deux téléphones qui ne cessent de retentir, des femmes en kimono et lunettes qui ne cessent de répondre, de ne rien entendre et de passer le combiné à celle qui passe à ce moment-là. Il y a une jeune femme derrière le comptoir qui fait la vaisselle, encaisse les règlements sans rendre la monnaie sur les tickets restaurant et tourne la molette des expressos. Le nom du restaurant, « Tokyo », ne brille pas vraiment d’originalité, mais elle, elle porte une tunique où est inscrit « Chitsuruya Sauce soja ». Tout un programme. A ma droite, deux portes battantes donnent accès aux cuisines, et de ses deux portes apparaît à chaque minute une tête de japonais différente. Je n’arrive pas à compter combien ils sont d’asiatiques, dans ce restaurant, sortant de tous cotés, cavalant partout autour des tables, mais c’est un véritable XIIIème arrondissement paumé dans une petite ville du Val d’Oise, Fosses (tu parles d’un trou…). Et puis c’est toujours le même cirque dans ces endroits, chaque femme asiatique à lunettes me fait penser un peu à la mienne, d’asiatique (si ma maman savait ça…).

Et c’est aussi toujours la même contrariété, chez le japonais : pas moyen de mettre la main sur mon menu idéal (soupe-salade-brochettes-riz complétés d’un peu de sushis, d’un peu de sashimis et d’un peu de makis). Comme si pour manger japonais, il me fallait toujours faire des concessions.

Après tout, c’est peut-être un précepte zen, que de faire des concessions culinaires.

Luigi, lui, il en met plein des champignons et du fromage, sur ses pizzas.

Une Réponse to “36ème air du temps : jap.”

  1. phuong57 said

    Pour tout dire, je préfère les pizzas, surtout celles de la camionette du parking de l’Almanarre, qu’on commandait en rentrant de la plage, la peau toute rèche de sel.Pâte très fine et souple, quelques champignons, deux trois olives…et on oubliait le parking sordide, l’envers sale des immeubles qui tournaient le dos à la mer…

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