Cinéma : « MR73 » – Olivier Marchal

mars 16, 2008

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Humeur : secouée
Vitalité : record annuel de grasse matinée
Envie : de pas grand-chose d’autre
 

Aller seul au cinéma est pour moi une chose très peu courante, même si je me lamente régulièrement de ne pas prendre assez de temps pour aller découvrir les dizaines de films que je souhaite aller voir au cinéma. « MR73 » vint comme le prétexte idéal pour renouer avec cette solitude.

Lorsque je me risque à écrire sur un film aussi marquant que « MR73 », j’hésite à y renoncer au bout de trois lignes, car à bien y réfléchir, vouloir commenter des grandes œuvres c’est risquer de dénaturer les sentiments qu’on éprouve à leur égard.

Voir « MR73 », c’est accepter d’avoir le ventre serré pendant deux heures d’une expérience noire, où viennent mourir les éclaboussures rouges d’une histoire abominable. Lumière blafarde, univers plongé dans une obscurité morbide, « MR73 » me rappelle justement ma dernière lecture, comme s’il était un peu ce « Voyage au bout de la nuit », porté au cinéma.

Force est de reconnaître la puissance d’évocation qu’Olivier Marchal a déployé dans « MR73 ». Tout comme le réalisateur l’avait fait avec beaucoup de talent dans « 36 quai des orfèvres », c’est à partir de son expérience au sein de la police dans les années 80 qu’Olivier Marchal a construit son film. Mais autant dire que face à « MR73 », « 36 » n’est qu’une petite promenade au parc Astérix. On ne sait pas trop pourquoi, on ne sait jamais l’expliquer, mais « MR73 » fait partie de ces films traumatisants qui fascinent.

Au cœur de cette fascination, la brillantissime prestation d’un Daniel Auteuil écorché, saisissant, totalement investi dans le rôle principal de Louis Schneider. Et autour de lui, une mise en scène qui prend à la gorge, une photographie qu’un « Seven » n’aurait pas mieux rendu, une ambiance musicale lugubre, servant le film avec une efficacité redoutable (B.Coulais). Fidèle aussi à ses acteurs, Olivier Marchal poursuit avec Francis Renaud, Gerald Laroche et sa propre épouse, Catherine Marchal. Et le tout fonctionne terriblement bien, dans cette lente descente aux enfers que plusieurs nuits de sommeil ne suffisent point à oublier.

Ames sensibles s’abstenir.

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