Improvisation et clown : the secret agent

novembre 17, 2007

Tôt ce matin, dans une cabine téléphonique isolée de Cergy-Pontoise.

« – Allo patron.
– C’est toi ? Imbécile, pourquoi tu m’as pas appelé plus tôt ?
– C’est ma mère chef, elle est malade.

– Alors ?
– Alors quoi chef ?
– Alors, t’as vu quelque chose jeudi soir ?
– Oui chef, j’ai vu. J’ai filé aux Ponceaux, vers houit heures et quart, et j’me suis mis là, dans un coin noir derrière la fénêtre, et j’ai tout vu. Même qu’il y avait une fenêtre à moitié ouverte : j’ai tout entendu aussi.
– Arrête de rouler les r, tu m’agaces.
– C’est ma mère patron, c’est elle qui m’a donné son accent roumain.
– Allez raconte, imbécile.
– Le cours il a commencé par la relaxation. Ils étaient tous allongés sur les tapis, et le spanish il a demandé de faire le nettoyage de l’intérieur de leurs corps, en soufflant comme ça « hhhaannnn phhhhhuuuuuuu ». Et puis après il les a fait crier en contractant lé bas du ventre : « Huah », comme karaté kid chef.
– Arrête de rouler les r j’te dis, tu m’agaces.
– J’en connais pas beaucoup des mots sans r patron. Alors après le spanish il a demandé de voyager dans la tête, au dessus de la planète, comme s’ils volaient, chacun dans leur coin, et puis il leur a demandé à chacun de raconter aux autres. La rose elle a dit qu’elle était sur une étoile filante, et qu’en dessous d’elle y’en avaient plein d’autres, des étoiles filantes. Le Cyril lui il était au dessus de la Thaïlande, et il voyait un banc sculpté dans un tronc d’arbre ou je sais pas quoi. Y’en a oune autre c’était au dessus d’un château.
– Et le niak ?
– Au dessus le l’Inde qu’il disait. Avec beaucoup dé lumières et dé couleurs. Et pouis beaucoup de fumée, comme de l’encens qui monte.

– Et après ?
– Après qu’il a demandé le chorizo, c’est qu’ils se mettent tous en cercle, avec un au milieu. Et puis celoui du milieu il devait fermer les yeux, les autres se rapprocher de loui pour le faire doucement balancer à droite, à gauche, et puis à gauche, et à droite. C’est pour apprendre à faire confiance aux autres, chef.
– C’est bon j’ai compris, allez quoi d’autre ?
– Le chorizo il a dit qu’ils devaient monter un par un sur la chaise, et puis se jeter dans le vide. Alors les autres ils devaient le rattraper tous ensemble, et le porter en marchant dans toute la pièce. Ca avait l’air bien patron, ah oui… tout le monde était content de ça. Le petit aussi. Ils lui ont fait tendre les mains, comme s’il volait.
J’ai enquêté chef : voler dans les airs, c’est vraiment ce qu’il aurait aimé le plus faire, si c’était possible bien soûr. Il en rêve même des fois, qu’il vole. Et puis avec ses cinquante-six kilos, c’était facile de le porter le petit, dans toute la pièce, en lui faisant raser le plafond.

– Et après, ils ont fait du masque ? Allez, dis-moi.
– Après oui, ils ont fait du masque. Alors le torero il était tout excité, il sautait partout, et puis il avait un trou dans le pantalon, entre les jambes, ça faisait rire tout le monde. Ils sont passés sur scène à quatre ou cinq, et le torero il demandait toujours qué tout le monde il voyait les comédiens sur la scène, « pour jamais couper le fil ». Et à chaque fois qu’il y en a un qui faisait une connerie, le public il criait et tout le monde recommençait.
Au début c’était un peu dur. Mais pétit à pétit ça commençait à être bien chef. J’vous dis, il fallait voir, les comédiens masqués rentrer un à un sour scène, occouper l’espace et bouger en faisant attention aux autres. Au bout d’un moment, on n’arrivait plus à savoir qui était qui, et tous ces mouvements, c’était beau. On aurait dit presque de l’art.
– T’y connais quelque chose toi en art ?
– C’est ma mère chef, elle m’amenait souvent aux mousées quand j’étais gamin.
– M’en fous de ta mère.
– Mon père aussi, il aimait bien les mousées. Mais loui il est mort pendant la guerre.
– Bon et c’est tout ?
– Tout le monde il est rentré chez lui. Le spanish il a tout fermé, et avant de partir il est allé pisser contre un arbre, en chantant la marseillaise.
– Imbécile. Qu’est-ce que t’avais bu avant d’y aller ?
– Rien patron, c’est juste que j’avais pris une bouteille de vodka. Il faisait froid déhors !
– Abruti.
– C’est ma mère chef, elle buvait beaucoup de vodka aussi.

– La semaine prochaine, balance la purée. Décolle la moquette, appelle le curée et ramène les betteraves. Et surtout n’oublie pas les écrous dans le frigo sinon je t’explose la soupière.
– Ca veut dire quoi ça patron ?
– C’est le langage des agents secrets. Et toi t’es pas prêt d’en devenir un. Dégage. »

2 Réponses to “Improvisation et clown : the secret agent”

  1. Fred said

    Pffff….
    Je me marre….
    Si tu crois qu’on t’avait pas repéré !
    Dailleurs c’est le petit niak qui t’a vu le premier.. et tu sais il est mauvais comme une teigne celui là..
    Avec son copain le yougo, ils t’attendent de pied ferme la semaine prochaine..!!
    fais gaffe !

  2. jean-marc said

    Merci de ton passage dans mon petit monde ,je découvre ton blog au fur et à mesure , je passerai le visiter de temps en temps.
    Amicalement

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