Improvisation et clown : Monstres et compagnie

octobre 12, 2007

Humeur : bouillonnant et frustré
Vitalité : rechargée par la perspective du week-end
Envie : de créativité

Monstres

Ce midi j’étais installé sur une bitte devant le centre commercial pour mâchonner un jambon beurre acheté au bistro du coin (NB : bitte, cylindre en béton servant à délimiter des zones de stationnement). Elle n’était pas mauvaise (cette baguette au jambon), mais intérieurement je me sentais, comme tous les jours depuis une semaine, bouillonnant et frustré (intellectuellement).

Difficile de ruminer sans broncher ma boulimie d’écriture. Cette envie d’écrire des pages et des pages, ce désir ardent de créativité, de communication, celui de m’enthousiasmer pour un mot, de me passionner pour une phrase, de déployer toute mon énergie pour jongler avec les bouts de paragraphes et les avalanches d’idées pour enfanter un texte fluide, ce genre de texte que l’on boit sans jamais être rassasié. Ce désir également que l’on m’écrive, que l’on me parle, que mon blog croule sous une vague de commentaires émerveillés auxquels je consacrerai toute une soirée à répondre. Mais c’est le vide total. Immobile et silencieux comme un songe.

A mon retour de l’atelier d’improvisation tard hier soir en voiture comme tous les jeudi, les images, les sons et les mots se bousculaient dans mon esprit. J’avais déjà en tête des formules, des phrases qui prenaient vie, se cognaient à l’intérieur de mon crâne, impatientes d’être enfin mises sur papier. Il était clair qu’un article de théâtre était en train d’éclore en moi et rien que pour Frédérique, absente hier soir car immobilisée par une migraine persistante, je me devais de rédiger ces quelques lignes à propos de la soirée. Peu avant minuit, affaibli par la fatigue cumulée d’une longue semaine, je décidai de griffonner rapidement quelques mots clés sur mon carnet.

Brownie araignée
Nolwen fleur
Nolwen 2 potentiel comique
Delphine dompteur, douceur
Cathy regard enfantin et maternel
Echelle de temps 

 

Allez, c’est parti.

Hier soir j’étais arrivé à l’atelier avec un mal de ventre intempestif, et malgré mes tentatives pour me détendre et respirer, il m’accompagna pendant plusieurs heures. Comme la semaine dernière Luis nous proposa de débuter par une séance de respiration bienvenue, suivie par des exercices de voix. Cette fois-ci Luis nous demande d’interpréter un insecte. Après nous être levés et alors qu’un fond musical emplit l’atmosphère, nous montrons tour à tour aux autres notre interprétation, les premiers rires émergent de nos corps fatigués.

Nous sommes en condition pour aborder les exercices suivants où par groupe de quatre nous devons travailler pour donner vie à une créature vivante en nous collant les uns aux autres. Delphine est la première à faire une proposition en s’installant entre mes jambes pour simuler les pattes de notre « bête ». Je me propose de faire sa tête; Nolwen et Nolwenn (cellequiportedeschaussettesdépareillées) se collent à ma gauche et à ma droite pour représenter quatre tentacules qui gigotent. Nous cherchons, essayons. Nous rentrons sur scène, sous la forme d’un gros paquet qui a du mal à se mouvoir puis nous proposons tant bien que mal quelques mouvements animaliers. Quelques minutes de scène nous suffisent à puiser dans nos ressources physiques, et nous ressortons comme d’une épreuve de force.

Pour le deuxième exercice, toujours par quatre, Luis demande à ce que trois comédiens travaillent sur un nouvel animal, et que le troisième s’improvise dompteur. Changement d’équipe, Nolwen reste à mes côtés alors que Daniel et Cathy nous rejoignent. Mes trois collègues se construisent une sorte de cheval à six pattes, j’incite Nolwen à laisser pendre ses deux mains derrière comme une queue de cheval, alors que Daniel, devant, mène la danse. Cathy est enfouie derrière lui, sous son pull, et place ses deux points serrés devant la bête pour lui donner deux seins. Notre présentation se fait en musique, une de ces sublimes musiques improbables proposées par Luis que je pourrais écouter toute une vie.

La prestation de l’autre équipe est fabuleuse. C’est à une araignée géante que nous avons droit. Allongée, Brownie s’est affublée d’un tissu multicolore autour du crâne, elle est concentrée, magnifique. Placées au dessus d’elle en demi-cercles, ses deux partenaires sont comme les prolongements de cette araignée fantastique. Tout en musique, Delphine endosse le rôle d’un dompteur tout en délicatesse. L’araignée réagit aux claps de ses mains : de part et d’autre de la bête, les jambes se dressent alors, donnant vie à cet ensemble massif constitué de trois corps humains qui ne font plus qu’un.

Nous passons le reste de la séance à travailler, sous les masques, sur cette obsession de Luis qu’est le centre.

Placés en cercle à la fin de l’atelier, nous partageons tous ensemble les dernières minutes de ce troisième jeudi. Cathy est enthousiasmée par notre travail. Je m’étonne à reconnaître dans les sensations dont elle nous fait part celles que je ressentais, à la même époque, l’année dernière : Cathy prend déjà conscience de nos progrès après trois ateliers, de tous ces petits détails qui nous rapprochent et nous font mieux comprendre qui nous sommes. Mais moi aujourd’hui je n’ai pas la même échelle de temps. J’ai déjà l’esprit ailleurs, plus loin, plus haut, dans trois mois. Curieux de voir ce que nous serons au mois de janvier lors de la présentation inter ateliers… Quels clowns serons-nous ?

En attendant l’improvisation déroule son fil. J’apprécie la simplicité de Cathy. Son regard doux, à la fois infantile et maternel. Nolwen est une petite fleur qui jour après jour éclot, à son rythme. Quant à Nolwenn, j’ai l’impression de voir émerger de son naturel un potentiel comique remarquable. Simple intuition…

Découvrir la personnalité de tous ces nouveaux partenaires par le biais du théâtre est une chose véritablement passionnante.

 

2 Réponses to “Improvisation et clown : Monstres et compagnie”

  1. Fred said

    Ce « compte -rendu » d’hier soir me permet de ne rien perdre, même si je n’y étais pas…
    L’alchimie semble prendre dans le groupe… suis un peu frustrée de ne pas l’avoir partagée…. mais je me rattraperai jeudi prochain… pourvu que je sache y retrouver une petite place !!

  2. Bon Bon Bon… que c’est bon les bonbons…
    Moi quand j’étais petit on me demandait:
    -Tu veux un bonbon le petit?
    Et moi j’avait déjà trouvé la réplique qui faisait rire… et qui me faisait obtenir ce que je voulais vraiment…. Cette réponse était:
    – Je préfère un sandwitch au chorizo, s’il vous plait!
    Je l’obtenais mon trésor au chorizo… Tiens… tu m’étonnes que je n’ai jamais donné un bonbon à ma fille… je n’aime pas ça… Les bonbons…
    Tout ça pour dire…
    Bon soir tout le monde… espèrons que demain on pourra être tous là !!!

    Avec mon soutien à TOUS LES CHEMINOTS !!!

    Et puis la liberté d’internet nous permet de dire merci à celui qui nous lit… même si c’est pour repondre avec des âneries…
    ;o)

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