Improvisation et clown : ground zero.

septembre 28, 2007

Que dire de cette étrange soirée ?

Que je m’y suis senti légèrement en danger, en terrain inconnu. Pas très à l’aise.

En arrivant je fus tour à tour stressé comme un gosse un jour de rentrée, et convaincu au contraire de ma position forcément plus confortable vis-à-vis des « petits nouveaux » dont j’avais hâte de découvrir le visage : je savais pertinemment que ma relation avec les anciens allaient immédiatement se ressentir, plaçant peut-être les néophytes dans le malaise et l’appréhension de la nouveauté…

Et pourtant la configuration du groupe prit très vite une dimension à laquelle je n’étais pas préparé. Daniel, Brownie, Fred et Cyril étaient au rendez-vous et j’étais profondément heureux de les retrouver. Puis les nouvelles têtes arrivèrent comme un flot suscitant gêne et curiosité. Sept nouveaux visages, sept nouveaux corps, sept nouveaux regards vinrent grossir les rangs de la cuvée 2007-2008.

Placés tous en cercle, nous écoutons avec attention Luis – réservé – se présenter et donner les grandes lignes du travail de cette année. Je prie pour qu’il ne nous donne pas la parole, mais esprit de groupe et ouverture oblige, le temps des présentations individuelles tombe comme un coup de masse sur mes épaules. S’il y a une chose que je déteste faire dans la vie, c’est de parler de moi à des inconnus. Je ne sais pas trop ce que je dis, quelques banalités rehaussées tant bien que mal par une ou deux réflexions intimes. Je me force. Je lutte pour refouler la question indomptable de savoir comment je suis perçu par l’assemblée.

Voilà ce que c’est, de trop bien se connaître. Je sais pertinemment que face à des inconnus je suis replié cinquante fois sur moi-même, froid et distant. Alors dans mon mutisme je reprends mon observation passionnante de l’humanité. Dans le groupe ceux et celles qui sont à l’aise dès les premiers instants, qui disent vouloir soigner leur timidité après avoir parlé pendant plusieurs minutes avec un aplomb insoupçonné, me désarçonnent. Mon armure est trop lourde, difficile de me relever.

Les premiers exercices que Luis nous propose de faire me sont familiers, car nous les avons faits, sous d’autres formes peut-être, il y a un an. J’ai l’impression de me mentir à moi-même en me prêtant au jeu, dépourvu de la naïveté dont il faut être habité pour vivre ces exercices. Je cerne immédiatement les deux personnalités les plus opposées. Lui, est un jeune homme simple, volontaire, motivé et ouvert. Très présent, sans aucun blocage apparent. Elle, est un petit bout de femme de vingt ans, à la timidité délicate, à la réserve prudente. En retrait.

Un combat intérieur secoue mon esprit. Je me sens bloqué, agrippé au regard de Fred ou au bras de Daniel qui régulièrement me secoue, pour détendre l’atmosphère. Et en même temps quelque chose me pousse à aller vers chacun de mes nouveaux collègues, de les regarder, leur demander qui ils sont, d’où ils viennent, ce qu’il y a au fond d’eux-mêmes, ce qui les passionne. Dois-je me convaincre que dans six mois des liens forts m’auront rapproché de chacun d’eux, des liens aussi forts que ceux créés avec Cyril, Brownie et les autres fidèles au poste ?

Je me raccroche à ma bouée, à mon phare. Je me remémore les pensées de Luis au début de ce premier atelier, expliquant l’importance de prendre le temps de monter, l’une après l’autre, chacune des marches du cheminement de l’année.

N’aurais-je pas été surpris par la marche à gravir hier soir, dont j’aurais tout simplement sous-estimé la taille ?

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