Dans l’air du temps 24 : sommeil…

août 10, 2007

 J’aime m’endormir. 

J’adore m’endormir. 

Cet instant est de loin celui de ma journée que je préfère. Loin, bien loin, à l’autre extrémité du moment de lutte et de souffrance qu’est le réveil. Oui oui, moi je suis « ravi au lit ». 

C’est un moment privilégié et sacré, que cet instant où je m’allonge sous la couette, concentrant toute mon attention sur mon sens du toucher, de manière à sentir chaque endroit de mon corps s’abandonnant au divin matelas. Je dépose mon crâne sur l’oreiller mœlleux et parfumé des promesses de la nuit, glisse ma main dans la caverne fraîche de sa face inférieure, puis je ferme les yeux : libération. Parfois, souvent même, quelques minutes seulement me suffisent à basculer du coté obscur. Mais point de Mal dans cet univers parallèle, dans cette seconde vie qu’est la nuit. Que du bonheur. Celui de s’abandonner à la nuit, corps et âme. 

Des milliers d’heures de sommeil à mon actif. Des heures magiques, des heures exquises, peuplées de souvenirs, de créatures fantastiques ou de créatures de rêves, parsemées de fantasmes et de regrets, de rires et de fous rires, de regards volés ou insistants et de tant d’autres choses. Sombres rêves aussi parfois, nuits agitées brisées par des réveils soudains et couverts de sueur, cauchemars insidieux et confusions mentales. Cris dans la nuit noire. 

Les nuits de mon enfance furent agitées. Ma famille en garde encore des souvenirs aujourd’hui. Elle évoque mes états somnambules, où je me levais la nuit pour aller au chevet de mes grands-parents déblatérer des phrases sans queue ni tête. Plus jeune encore, je me souviens à quel point j’aimais dormir dans le lit de ma grand-mère maternelle lorsque nous habitions dans le sud de la France. Une nuit je me levai pourtant, me mis debout sur le lit et criai « Non ! Non ! ». Oppression, angoisses et malaises troublèrent à de nombreuses reprises mes nuits de petit garçon, et il m’arrivait, dans l’étrangeté de ces moments, d’allumer la lumière sans m’en rendre compte, et de me réveiller dans l’atmosphère réchauffée par ma lampe de chevet comme émergeant d’un voyage hors du temps. 

Le temps qui passe apaise nos angoisses. Où plutôt il en change la nature. Toujours quelques sursauts et des paroles en l’air, d’une cohérence parfois douteuse. Il y a quelques années, en pleine nuit, je mis subitement en garde ma compagne contre un perroquet qui allait faire ses besoins sur nous. Je refuse toute analyse psychiatrique sur cette surprenante vision, trop inquiet quant à la possibilité d’une interprétation traumatisante pour ma petite personne. Des rires aussi, dans les premières heures de mon sommeil, qui ont tendance à me réveiller moi-même.  

J’aime m’endormir. 

J’adore m’endormir. Ce soir c’est week-end, et demain, pour mon anniversaire c’est grasse mat’ !  

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