Dans l’air du temps 18 : Syracuse (2)

mai 22, 2007

Sarko1

Ce soir je cède à cette grande tentation de poursuivre l’embryon de réflexion abordée il y a quelques jours dans mon premier « Syracuse ». Oui, c’était trop tentant, après avoir lu le commentaire politico philosophique de mon « papounet » (salut ‘pa, content de voir que tu lis mon blog…) s’y rapportant. Qui aurait pu croire que je puisse un jour aborder un sujet politique sur l’art niak ? Certes mes vacances d’hiver furent pour moi l’occasion de sonder mon âme sur la question, mais de là à en poursuivre l’écriture…

C’est très amusant. Jusqu’à aujourd’hui j’ai toujours cru que la politique était un sujet binaire, soit noir, soit blanc. J’ai toujours imaginé que la gauche c’était le « bien », les « plus gentils » et la droite le « mal », les « moins gentils ». Lorsque la gauche est arrivée à la mairie de Paris et que tout le monde parlait de cet « évènement » j’ai naïvement pensé que la vie dans la capitale allait être plus paisible, les parisiens plus solidaires et le cœur gonflé de plus d’amour. C’est assez comique de constater en grandissant, les « raccourcis intellectuels » de nos années passées. Ces raccourcis ne sont autres que de l’ignorance et je persiste à dire que ces raccourcis, ces ignorances sont sources de bien des maux comme l’est le racisme par exemple.

Bref, à mes yeux la politique, bien que le sujet ne m’inspirât aucune sorte d’intérêt jusque là, était une simple équation. Lors des élections de 95, je votais par procuration à droite, certain qu’il s’agissait du vote par défaut et certain surtout que je suivrais ainsi l’orientation de mes parents. A la lumière de toutes ces années passées j’imagine la tête de mon père au bout du fil, lui lecteur de Télérama et du Monde, à ma demande de voter Chirac… Jusqu’au jour où je me suis pris de passion pour la campagne de 2007. Ca m’a prit comme ça, un matin de vacances, je me suis acheté un journal et puis j’ai commencé à suivre avec attention une, puis deux puis trois émissions politiques. Fascinant constat : la politique, c’est la vie. Et un véritable homme politique l’est à chaque instant de son existence et ne peut jamais vraiment cesser de l’être.

Je commençais à « comprendre ». Visualiser les camps, les clans et les partis, à mettre des têtes sur des noms, des noms sur des têtes et à nuancer mon modeste savoir en la matière. Commencer à façonner mes convictions intimes. Alors voilà, les élections sont terminées, un nouveau personnage porté par une énergie peu commune dont certains excès font des vagues accède à l’Elysée, et moi je suis un peu moins ignorant qu’avant. Et puis maintenant je peux débattre. Il y a tant à débattre…

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*****

Ah… Sarkozy et ses trois malheureuses petites journées à bord d’un yacht de luxe. Mais celui qui certes veut réhabiliter le travail, l’effort, celui qui devrait donner l’exemple, aurait-il franchement dû planter sa tente dans un camping municipal ? Condamner son excès de zèle et ses diverses conséquences pourquoi pas, mais doit-on préférer l’immobilisme et la léthargie pour un homme de sa fonction ? Oui je sais, Sarkozy est radical. Mais je n’ose imaginer le cataclysme national s’il avait proposé l’encadrement militaire des jeunes délinquants tel que l’a soutenu à l’époque sa concurrente du PS ! Remémorons-nous notre enfance, et interrogeons-nous sur la meilleure manière que nos parents aient employé pour nous éduquer. Fermeté et répression ou dialogue et laxisme ? Sujet si complexe, surtout lorsqu’il s’agit d’un peuple tout entier, contrasté par sa diversité d’âge, d’origine ou de culture.

Solidarité, certes. Ouverture à l’autres, certes.

Mais comment supporter une solidarité à sens unique, un don de soi gratuit et sans retour ? Alors effectivement l’égoïsme, que j’identifie grossièrement comme un caractère de droite, est un repli sur soi rapide et rassurant. J’ai donné à des SDF, j’ai aidé des personnes dans le besoin, à mon échelle, sans rien demander en retour. Mais trois pavés sur les vitres de ma voiture en trois ans, voilà qui me pousse, sans que je n’aie rien demandé à personne, à l’égoïsme. Comment prendre sur moi et tendre la main à mon vandale pour lui dire : « Dialoguons toi et moi, toi qui est envieux de mes biens car les biens sont si mal répartis entre nous, marchons ensemble et faisons en sorte que nos différences s’estompent. » ?

Tant de sujet à débattre, tant de sujet passionnants…

Il n’y a qu’une chose que je puisse craindre en politique. C’est que les gens adhèrent à un homme non pas pour ses convictions, mais pour la manière dont il sait les communiquer. Un peu comme une star de rock anglais : on se passionne pour son style, on admire son charisme et sa puissance scénique sans jamais rien comprendre à ce qu’il chante. Allez Nicolas, vient faire un petit pogo dans les cités, soixante millions de Français t’observent.

 

Police

 

 

 

2 Réponses to “Dans l’air du temps 18 : Syracuse (2)”

  1. phuong binh said

    Effectivement y’a tant à en dire… je rajouterais juste que pour moi, le politique, c’est l’organisation d’une société dans son ensemble, avec un projet qui organise les rapports entre les gens de cette société et vise à rendre ces rapports meileurs et surtout plus justes… et si possible viser à faire que tous y aient accès… Ainsi, réduire les inégalités, et surtout permettre à celui qui le veut, de faire partie de la société, c’est ce qui me semble important.. La politique, c’est justement sortir de l’individuel pour réfléchir à un niveau plus global… donc, pour moi, sortir d’un pavé sur une voiture, pour ne pas rester qu’au niveau de la Justice (qu’il faut rendre bien sûr) mais viser celui d’une société plus juste pour tous. C’est quand on aura cherché à atteindre cette équité que l’on pourra mesurer mieux la volonté des uns et des autres de s’en sortir…

  2. […] juin 2007 Il y a quelques temps j’écrivais que “la politique, c’est la vie“. Effectivement, qu’on le veuille ou non, que l’on s’intéresse ou non à […]

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