« Distant voice »

avril 17, 2007

Ce soir je viens de découvrir le blog inauguré il y a quelques jours par ma maman, « Distant voice« … Comme quoi, il y a des évènements de la vie dont on ne soupçonnait pas une seule seconde la probabilité de survenue.

La lecture des premiers articles de ce blog m’a procuré d’étonnantes sensations mêlant la fierté, l’enthousiasme, la nostalgie, l’admiration et le plaisir. Et cette découverte me rappelle les mots de ma soeur lorsque celle-ci est venue, en septembre dernier parcourir l’art niak :  » C’est fou comme c’est parfois via l’extérieur que l’on redécouvre les siens ». L’écriture a cela d’inimitable, de magique, de dévoiler de celui ou celle dont elle provient, des aspects qu’aucune parole ne pourrait égaler. Et puis nous sommes comme cela nous, chez les Coulot. La pudeur de la parole et des sentiments. Juste un regard, une pensée, dans l’espérance que l’autre saura capter le regard ou ressentir l’émotion qu’aucun signe extérieur n’est venue trahir.

Alors voilà, c’est une expérience peu commune que de redécouvrir sa propre mère au travers de l’écriture. L’écriture rapproche les hommes et les femmes, même au sein d’une même famille.

J’ignore quelle est la signification de « Distant voice », et je ne sais pas si ma mère saura me donner réellement l’explication de ce choix. Pourtant j’ai intimement l’idée que ce nom est loin d’être anodin. Ma maman a toujours été, du moins de ce que j’ai pu en capter de ma vie d’enfant, une personne croyante et spirituelle. Dans sa pratique du bouddhisme, celle-ci a toujours été d’une très grande discrétion et je n’ai jamais su vraiment quelle était la consistance de cette vie religieuse, tout en intériorité et sobriété. La seule chose dont elle ait pu nous faire part, à mes soeurs et moi, c’est l’importance particulière que ma mère accorde aux notions d’intuitions, de visions, de spiritualité. C’est toujours avec autant d’effroi et d’émotion que nous écoutons le récit furtif de notre mère racontant deux décès ayant marqué notre existence, celui de son oncle et de sa propre mère. Durant la nuit précédant la mort de son oncle bien-aimé, ma mère nous rapporte avoir été réveillé lui semble t’il, par un raclement de gorge. Le lendemain matin un sentiment de malaise l’avait saisie et toutes ses pensées se tournèrent vers ma grand-mère, avant d’apprendre le décès de son oncle le soir même. La disparition de ma grand-mère peu de temps après avaient aussi éveillé, de manière quasi prémonitoire un phénomène spirituel chez ma mère : au coeur de l’été, sur le long trajet de voiture qui devait la mener près de ma grand-mère, un triste pressentiment l’incita à prendre son livre de prières pour se recueillir, quelques heures avant que notre aïeule ne nous quitte pour toujours.

*****

Il y a environ un an, durant la préparation de mon mariage ma mère m’a expliqué comment, dans la vision du bouddhisme, la vie est conçue comme la résultante de deux forces divergentes. La première force dont chacun a la maîtrise est guidée selon nos propres choix, nos propres décisions et nos envies personnelles. L’autre force, au contraire, relève de l’imprévisible, du hasard, du destin. Et nous n’avons pas l’entier contrôle de nos existences.

« Distant voice ». Cette voix intérieure, distante et fragile. Peut-être celle qui d’une certaine manière, guide nos actes, nos paroles, nos pensées.

Bouddhisme ou pas, prêtons l’oreille…

DistantVoice

 

 

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