Cinéma : « 300 » de Zack Snyder

avril 4, 2007

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– 480 avant J.C. Le Grand Roi perse Xerxès Ier envahit la Grèce. Pour retarder l’avancée de l’ennemi, le roi de Sparte Leonidas Ier à la tête d’une poignée de courageux guerriers, barre la route de la gigantesque armée de Xerxès au passage des Thermopyles. Un des plus célèbres affrontements des guerres médiques est sur le point de débuter.

L’adaptation de la bande dessinée de Frank Miller

« 300 » est à l’origine, au même titre que « Sin City », un comics ou plus précisément ce que les spécialistes du genre ont l’habitude de désigner comme un « roman graphique », terme manifestement plus adapté pour désigner le caractère conceptuel de ce type particulier de bande dessinée pour adultes.

Pour cette adaptation au grand écran, Zack Snyder a opté pour une transposition la plus fidèle possible, reportant même à l’écran de manière quasi-identique la plupart des scènes du roman graphique. Certes ce parti pris implique d’importantes conséquences visuelles qu’aucun film « classique » ne pourrait supporter, parfois même la sensation d’une image de bande dessinée dynamisée dans l’énergie d’une scène de cinéma déstabilise autant qu’elle fascine. Mais la gymnastique est, il faut le reconnaître, sacrément maîtrisé par le réalisateur, manifestement passionné par l’histoire de l’héroïsme des spartiates. Les effets spéciaux, baignant dans une atmosphère indescriptible servent parfaitement le récit des 300, flirtant constamment avec l’excès sans jamais l’atteindre un instant : la puissance maîtrisée.

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D’une certaine manière, il y a dans « 300 » un petit arrière goût de « Gladiator » (James Cameron, 2000), mais jamais sans regret : ce doit être, à n’en pas douter, l’effet péplum et super héros antique. On aurait pu voir un Russell Crowe se débattre contre les perses en lieu et place de l’imposant Gerard Butler. Mais ce dernier ne vole pas sa place. Sous une plastique sculpturale, à la manière des statues antiques, Butler dégage une assurance, une force et un charisme qui lui rendent le rôle du roi Léonidas parfaitement légitime.

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Quant au sanguinaire Xerxès de Zack Snyder, élancé personnage androgyne piercé de part en part, à mille lieux du Xerxès de Rudolph Maté (« The 300 spartans », 1962), on comprend aisément qu’il n’ait pas du tout fait l’unanimité dans le coeur des perses modernes que sont les iraniens…

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Il y a 2500 ans, en Grèce…

L’enthousiasme et la satisfaction que génère l’expérience de « 300 » ouvre les portes de l’histoire antique et m’amène à m’intéresser aux spartiates, aux perses et à l’affrontement des Thermopyles : vaste sujet. La bataille des Thermopyles est un épisode bien documenté de l’antiquité, et les lignes suivantes en proposent un aperçu synthétique.

En -481 avant JC Xerxès Ier, puissant roi perse de l’Empire Achéménide, poursuit l’expansion amorcée par son père Darius. Après avoir soumis l’Egypte, Xerxès prépare l’invasion de la Grèce et s’apprête à lancer plus de 200 000 hommes contre les grecs. L’alliance des cités grecques confie le commandement des troupes à Léonidas Ier, roi de la puissante cité de Sparte, mais à l’aube de l’an -480, la ligue défensive piétine, offrant aux perses l’opportunité d’envahir la Thessalie. Devant l’écrasante supériorité numérique de l’armée perse et alors que la flotte grecque fuit l’affrontement, Léonidas fait route vers le seul passage reliant la Thessalie à la Locride, zone riche en sources d’eau chaude, les Thermopyles (« portes chaudes »). Le millier de grecs menés par Léonidas comptent tirer parti des dimensions réduites des Thermopyles dont la largeur minimale n’excède pas dix mètres. Mais un certain Ephiatès trahit les grecs en dévoilant à Xerxès le moyen de prendre Léonidas à revers. Le roi spartiate, entouré par ses 300 puissants guerriers hoplites oppose une résistance héroïque face aux perses et incite le reste de la Grèce à se soulever contre Xerxès. Alors que les perses comptent 20 000 pertes aux Thermopyles, les « 300 » finissent par céder et Xerxès ordonne leur massacre.

Les « immortels » (ou plus précisément les Mélophores) visibles dans le film et qu’affronte Léonidas ont réellement existé. Ces soldats d’élite d’origine noble, constituaient la garde personnelle du roi perse. Au delà du nom d’immortel dont on peut croire qu’il devait susciter la crainte, en réalité chaque Mélophore manquant à l’appel pour cause de maladie ou de mort était immédiatement remplacé de telle sorte que l’unité comporte à tout instant ses 10 000 hommes. Les immortels surpassaient tous les autres types de troupes par leur magnificence, leur luxe et une opulence imposant le respect, a tel point qu’à la conquête de l’Empire Achéménide par Alexandre le Grand un demi siècle plus tard, ce dernier décide de préserver l’unité pour la prendre à son service.

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Le cinéma de demain

« 300 » est un grand film musclé, un péplum boosté de modernité. Film d’hommes, sanglant et viril et globalement il aurait aussi bien attiré les foules qu’avec des filles à demi nues se trémoussant devant de grosses cylindrées. Certes les puristes crieront au scandale devant ce long métrage tourné sur fond bleu qui n’existerait pas sans l’image de synthèse.

Mais « 300 » est sans aucun doute un avant-goût délicieux du cinéma de demain. Esthétique, envoûtant.

 

Sources :

Site officiel

La bataille des Thermopyles

L’Empire Achéménide

Les immortels

 

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Une Réponse to “Cinéma : « 300 » de Zack Snyder”

  1. domi said

    Commandants
    Leonidas Ier Xerxès Ier

    Forces en présence
    7 000 200 000-500 000 Perse
    Pertes
    1 500 morts 20 000 morts Perse

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