Dans l’air du temps 15 : Guerre du Nord pour un ticket de métro

mars 28, 2007

Métro

Ce matin, peu avant une heure du matin au cœur de la Gare du Nord et ses environs, s’apaisaient lentement la haine et la brutalité. Dans une odeur âcre, quelques poubelles finissaient de se consumer alors que les commerçants s’affairaient encore à balayer la devanture de leurs petites échoppes. L’un d’entre eux se lamente amèrement devant le spectacle de son magasin de chaussures qui vient d’être pillé. Un autre a décidé d’appeler ses frères pour passer la nuit dans son magasin, dormant d’un seul œil de peur que d’autres pilleurs viennent se jeter sur des vêtements, des téléphones portables ou n’importe quel objet, finalement, pouvant être subtilisé.

En fin d’après-midi, des milliers de franciliens traversent la Gare du Nord pour rentrer dans leur foyer. Un contrôle de ticket tourne à l’affrontement. Alors que deux agents de la RATP contrôlent un homme voyageant sans ticket, les trois hommes se heurtent. L’intervention de la police attire les regards, les voyageurs s’arrêtent, certains commencent à protester. Les jeunes s’agitent. Les abrutis s’échauffent. Escalade de la violence. Des renforts de police équipés de pied en cape des protections anti-émeute investissent l’arène, les deux armées se mettent en ordre de bataille et à différents endroits de ce champs de bataille les projectiles traversent l’espace. Devant les yeux terrifiés de spectateurs aussi neutres qu’impuissants, la police opèrent ses charges tels des cavaliers en armures écrasant une révolte populaire et parviennent à interpeller treize frondeurs. Parallèlement les abrutis de service opèrent de manière totalement anarchique la démolition des lieux.

Ébullition politique. La gauche demande à ce que « toute la lumière soit faite sur ces incidents ». Comme beaucoup en France, certains dénoncent dans les bras musclés de la police les mécanismes du système Sarkozy. « Pauvre Nicolas », qui défend que « Si la police n’est pas là pour faire régner un minimum d’ordre, quel est le rôle de la police? ». Les frontistes murmurent « Qu’on renvoie les étrangers dans leur pays », et de loin De Villiers évoque avec les manières linguistiques et buccales qu’on lui connaît, les agissements « de bandes ethniques et barbares ».

Voilà quel est le pouvoir d’un petit bout de papier centenaire, le ticket de métro. D’autres préfèrent le plier en douze pour en faire des vaisseaux de Star Wars…

métro2

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