Cinéma : « Babel » d’Alejandro González Inárritu

décembre 27, 2006

Babelaffiche

Au lendemain d’un réveillon de Noël, à peine sorti de la séance de cinéma et flirtant avec les douze coups de minuit, rien ne pouvait laisser croire au courage qu’il m’est nécessaire de déployer pour m’atteler à la rédaction d’un article. Pourtant face à un tel impact cinématographique, l’énergie et l’inspiration dépassent bien largement les considérations physiques de mon état : que tout soit dit dès maintenant, voici un de ces films bouleversants qui appartiennent au cinéma que j’aime. Le cinéma qui secoue, celui qui me passionne.


Il y a peu d’intérêt pour écrire au sujet de ce film, à tenter d’en raconter la trame, exercice à priori difficile à résoudre. Ou plutôt serait-ce risquer de dénaturer l’essence magique du film qui s’articule autour de quatre tranches de vies humaines liées les unes aux autres. Qu’il puisse exister des liens forts, vitaux, limpides entre des hommes et des femmes vivant aux quatre coins du monde, que leurs actions puissent avoir une conséquence critique sur l’une ou l’autre de ces personnalités, voilà ce qui constitue le corps de Babel. Etendues rocailleuses du Maroc, Mégalopole japonaise illuminée, frontière américano-mexicaine. Babel y place son récit et porte un regard quasi documentaliste, aussi poignant que réaliste sur trois régions de notre planète. Mis en parallèle, le contraste lumineux entre ces trois mondes, ces trois modes de vie, ces trois humanités, fascine par la diversité de ses détails. Et au cœur de ces trois mondes si différents, quelques êtres humains vivent un drame.

Pitt-Blanchett

En haut de l’affiche culminent Brad Pitt et Cate Blanchett, dont la seule présence peut caricaturer l’image dont on se fait de Babel avant d’aller le découvrir. Pourtant les deux comédiens américains, impeccables, sont loin de monopoliser le film. Parallèlement, la prestation des deux acteurs mexicains, Gael Garcia Bernal et Adriana Barraza, est admirable ; celle des interprètes marocains est plus vraie que nature, limpide. Pour relier l’existence de tous ces personnages, Alejandro Inarritu n’a pas usé de ce type de récits trop facilement décousus et incompréhensibles dont on nous livre l’ultime clé dans les quinze dernières minutes de projection. Au contraire, dans Babel, tout se construit dans le rythme cadencé d’une progression dramatique, pour se délier paisiblement au terme de deux heures d’un haletant voyage. Enfin libéré de cette attente psychologique, rassuré d’avoir survécu à ce récit marquant à vie, le spectateur peut enfin se relever et prendre la mesure de l’impact. Retenir des larmes, respirer enfin, laisser libre cours à la fascination qu’engendre une telle expérience.

Japonaise


D’une certaine manière, Babel me fait mieux voir, mieux palper, mieux comprendre les maux de notre planète, peut-être pour mieux en accepter la vision. Dès les premiers instants, et de bout en bout jusqu’à son dernier souffle, Babel a suspendu mon cœur au dessus du vide et m’a rappelé que la vie ne tient qu’à un fil.


Sublime.

Mexique

Une Réponse to “Cinéma : « Babel » d’Alejandro González Inárritu”

  1. finpoil said

    Eh bien!
    Je te rejoins tout à fait sur la qualité de ce film. Je viens de le voir (enfin!), un peu grâce à ton billet (que j’avais lu en décembre).
    Merci donc de m’avoir encouragé à voir un très bon film. Tu vas me dire que je suis complètement accro à l’impro, mais j’ai relevé que la structure du film était très similaire à un « Harold » classique. Le sublime en plus.

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