Deuxième atelier d’écriture

décembre 3, 2006

Il en faut vraiment peu pour passer un bon moment, alliant l’amusement, la réflexion et l’imaginaire. A vrai dire, il faut un bout de papier, un stylo et un cerveau. En annexe, un petit vert de jus de fruit ou une bière, ainsi que quelques amuses gueules peuvent éventuellement stimuler les esprits et engendrer de belles créations…

Pour ce second atelier d’écriture, Choun nous a proposé de travailler sur les sigles et acronymes, nous donnant pour simple consigne d’en changer la signification. Exercice avant tout amusant pour lequel je l’avoue n’avoir eu aucune imagination, pour preuve mes deux seules propositions que sont EDF : Entreprise De Fainéants et FNAC : Fond National pour l’Acné et (Chépaquoi). Dans la démarche inverse, le but était de faire d’un nom commun un sigle, avec pour contrainte de proposer une définition de l’atelier d’écriture. Pour moi la démarche fut plus fructueuse que la première : SPIRITUEL, SPécialistes Itinérants de la Récréation Inventive Tournée vers l’Univers de l’Ecriture et de la Littérature.

Pour revenir sur le thème des « cadavres exquis » (voir mon précédent article sur le sujet), Choun nous propose de réaliser un texte dont la première et la dernière phrase sont deux des cadavres exquis de l’atelier précédent : le texte devra ainsi débuter par « Un fumeur de joints des bas fonds de la ville reluque son nombril percé de manière confuse » et se terminer par « Une silhouette ravagée par l’acnée tripote le silence avec élégance ».

Un fumeur de joints des bas fonds de la ville reluque son nombril percé de manière confuse.

Cet orphelin de la rue, n’ayant jamais connu que les bouches de métro et les vieux bancs publics, met l’index dans ce petit trou sale qui jadis, par un cordon de chair, l’avait lié à sa mère. « Où son mes parents ? », question éternelle et traumatisante, au point de l’avoir privé un beau matin de sa voix. Et depuis ce jour-là, on l’appelle « Le silence », c’est toujours mieux que rien. « Le silence » erre comme un fantôme dans les rues de la capitale, traînant ses savates usées sur les trottoirs mouillés.

Fumeur de joints, sniffeur de cocaïne, l’esprit noyé dans le fond d’une bouteille de rhum, « Le silence » s’interroge. Vendre son corps pour pouvoir manger ? Rien à perdre, tout à espérer. Peut-il y avoir une quelconque beauté à se prostituer ?

 

Ce soir-là, dans l’ombre bleutée d’une ruelle des bas fonds de la ville, une silhouette ravagée par l’acnée tripote « Le silence » avec élégance.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :