Premier atelier d’écriture !

novembre 15, 2006

Ecriture 2

Hier soir j’ai participé à mon premier atelier d’écriture. Après une heure quinze de voiture pour rejoindre la place Stalingrad et environ vingt minutes supplémentaires pour trouver une place qui n’en était pas vraiment une, je composai le code d’entrée de l’immeuble et montai quatre étages d’escalier en bois pour me rendre au lieu de rassemblement. Ce dernier était fixé dans l’appartement de « NK » et d’Amélie.

Cette activité est proposée tous les mardi par l’association « Y’a pas qu’les arts« , que j’avais déjà découverte au cours d’un atelier d’improvisation au mois d’octobre (mise en concurrence ayant été faite avec Théâtre en stock que j’ai finalement retenu…). Nous étions neuf, y compris le fameux Laurent alias « Choun », le professeur de français chargé d’animer les ateliers. Je n’étais pas forcément très en avance et l’atelier débuta rapidement.

Pour commencer Choun proposa de travailler sur la célèbre correspondance codée entre George Sand et Alfred de Musset. Sur l’un des textes, la lecture d’une ligne sur deux délivrait un message tout autre que le texte dans son intégralité, et dans le second il fallait lire uniquement les premiers mots de chaque ligne pour déceler une phrase cachée.

Musset Sand

Et c’est ainsi que l’on mesure le talent de grands écrivains, lorsqu’à notre tour Choun nous demande d’écrire un texte codé en dix minutes. Sur le premier nous avons pour consigne d’utiliser les premiers mots de chaque ligne. Tout le monde commence à gratter sur son bout de papier pendant que je les observe avec perplexité (non sans un certain désarroi) : sur ce premier exercice je sèche complètement. Après avoir tenté une approche je renonce à ma première idée et poursuis sur une autre. A la fin de l’échéance, chacun se lève pour lire son texte aux autres. Je suis un peu gêné par mon texte, en comparaison avec la richesse des textes et l’imagination des autres. Voilà ce que j’avais pu non sans mal extraire de mon cerveau :

Quand la lune brillera, les oiseaux
Iront rejoindre leur nid,
Nous écouterons le chant de la chouette
Aux yeux ronds, éclairant les
Bois d’un feu clair.

Bon c’est pas sensationnel, mais pour une première création personnelle improvisée le soir dans un petit appartement parisien, au milieu d’illustres inconnus, il ne fallait guère m’en demander plus. Nous enchaînons avec le deuxième exercice apparemment plus difficile consistant à imaginer un texte au sens caché construit selon un code personnel ou pouvant simplement se lire une ligne sur deux (consigne que j’adopte). Plus à l’aise je parviens à me concentrer davantage, et je me rends compte de la difficulté d’écrire la 3ème ligne telle qu’elle puisse suivre la 1ère autant que la 2ème. Vingt minutes nous sont accordées.

–> En se levant le matin, l’homme se gratta
la tête en réalisant qu’il devait à tout prix se bouger
–> les fesses. Il se mit ensuite le doigt dans
l’œil en pensant qu’il suffisait d’avoir
–> le nez pour deviner de quoi serait faite sa journée.

— >Une fois sorti dans la rue, le malheureux marcha dans
le froid en songeant qu’au bureau l’attendait
–> une merde phénoménale.

Pas très fin… Par contre les deux textes de Choun sont d’une grande qualité, tant sur le fond que sur la forme. Après tout on ne doit pas s’improviser professeur de français.

Pour terminer l’atelier nous construisons des « cadavres exquis ». J’ignorais totalement que ces jeux d’écriture portaient ce nom, que je n’avais d’ailleurs jamais entendu, et j’imaginais stupidement les « Cadavreski » du nom de leur illustre inventeur russe… Le but du jeu est de construire des phrases en y inscrivant chacun une partie : un sujet, un adjectif, un verbe, un complément d’objet etc. Après avoir écrit un mot dans une colonne en ignorant totalement le contenu des colonnes précédantes, la personne transmet le papier à son voisin et ainsi de suite. Nous en avons fait ainsi quatre ou cinq dont certains se révélèrent excellents de sens ou de sonorité.

Le mage, éclaboussé de sang, appelle Dieu comme s’il y croyait.

Voilà, j’ai passé une très bonne soirée pour ce premier atelier d’écriture qui m’a coûté la modique somme de 3 euros de sandwich Carrefour plus 35 euros pour m’être garé sur une place qui n’en était pas vraiment une. Jamais je n’aurais pensé qu’il puisse exister une activité associative liée à l’écriture. J’ai toujours vécu l’écriture comme un acte solitaire, intime, presque égoïste. Il est drôle et enrichissant de construire l’écriture avec les autres. D’ailleurs la plupart de ceux qui étaient là pratiquaient aussi du théâtre d’improvisation.
– Improvisation littéraire –
Comme si tout était lié.

Comme si les amateurs de jeux de rôles étaient tous fans du Seigneur des anneaux,
Comme si les amoureux des voitures adoraient aussi les motos,
Comme si les joueurs de golf appréciaient aussi la gastronomie,
Comme si les pêcheurs s’intéressaient aussi à la chasse,
Comme si ceux qui dessinent peignaient aussi,

Comme si le goût de l’écriture donnait le goût de l’improvisation, et inversement.

Ecriture 1

2 Réponses to “Premier atelier d’écriture !”

  1. dom's said

    Un livre est une expérience. Un écrivain pose des questions en essayant d’avancer dans le noir. Non pas vers la lumière, mais en allant encore plus loin dans le noir, pour arriver dans un noir encore plus noir que le noir de départ. On n’est très certainement pas dans la création d’un objet préconçu.C’est pour cela que je nepeux écrire que d’un coup. L’écriture est un coup de dés. On ne sait jamais ce qui va se passer au moment où on écrit. On essaye de poser ses pièces le mieux possible, puis on fait. Au satde de l’écriture, on pense avec les mots, plus avec la tête. Ca vient d’un autre espace. On avance par l’écriture et l’on arrive à un endroit où l’on ne pensait jamais se retrouver. C’est pour cela que je suis tout à fait prêt à accepter les critiques qui disent que je mes suis trompé avec ce roman, que j’ai fait des choses fausses, innacceptables. Je ne savais effectivement pas ce que je faisais. Je pensais le savoir avant, mais le résultat final n’a rien à voir avec cela.
    J Littel a propos des « bienveillantes » interview paru dans le monde des livres du 17/11/2006

  2. thieu75 said

    noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir.
    Johnny Halliday

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