Dans l’air du temps 6 : la vie est un long fleuve tranquille…

octobre 23, 2006

Je hais la répétition.
Je hais la monotonie.
Je hais la constance.

Il fut une époque, pas si lointaine que cela, où mon collègue de dessinateur-industriel-du-premier-étage, réjouit d’avoir pu trouver compagnons de déjeuner, m’appelait tous les jours à une heure comprise entre 12h00 et 12h10 pour amorcer le départ. Dieu merci, les contraintes de son travail lui imposent parfois de devoir terminer quelque plan en urgence avant de prendre son téléphone en main, ce qui repousse de 10 ou 15 minutes l’heure de son appel quotidien… Ces quelques minutes de sursis m’offrent un souffle d’oxygène que peu de moments dans ma journée savent m’apporter.

« On mange où ? » me lance t’il. Et moi de répondre « A la cafette Carrefour… », sans oser rajouter, pour des raisons purement politiques, « comme tous les jours depuis deux ans connard ! ». Alors oui, tous les jours, entre 12h et 12h30, nous allons à 3 ou 4 personnes manger à la cafétaria Carrefour. Une entrée au choix, un plat parmi 3 proposés (nous choisissons le plat principal et la patronne nous lance un très puissant et très mélodieux « AVEC ? » pour que nous nous décidions pour un accompagnement. Dans certains jours très originaux ils nous arrivent même d’entendre « AVEC comme légumes ? »), un fromage (1/4 de camembert ou 1/8 de bleu), un dessert et une boisson.

Ce midi j’observe mes collègues, la tête baissée sur l’aubergine farcie – riz dégustée avec beaucoup de résignation. Seul mon collègue dessinateur parle ce midi… Un peu en monologue il faut reconnaître, moi-même j’ignore de quoi il peut bien parler. Son humeur est d’une constance universelle (champion de Picardie d’homogénéité d’humeur au travail). Jamais trop énervé, jamais trop jovial. Il arrive à 7h00 au bureau, repart le « soir » à 16h30 pour aller chercher ses enfants à l’école. Une fois rentré il leur fait faire leurs devoirs puis prépare à manger avant que sa femme ne rentre, un vrai petit homme à la maison. Le mieux (ou le pire, va savoir), c’est que cet homme est d’une culture et d’une passion peu communes. Incollable sur la première guerre mondiale en Picardie, sur la construction des grands navires de guerre au XVIIIème siècle, sur l’histoire du pirate Surcouf et l’épopée du chevalier Du Gesclin ou encore sur la période de récolte des betteraves (toujours en Picardie). Au moins ne nous raconte t’il pas deux fois la même histoire. Mais je me pose une question : à tant vouloir nous raconter ses histoires, ne démontre t’il pas implicitement l’absence de communication avec sa propre femme ?!!! (j’en connais une qui dirais « Ouais ben toi t’es pas mieux hein ! »)

Dieu, prend-moi par les oreilles, par la peau de dos ou la peau des fesses mais sort-moi de ce trou paumé ! N’y a-t-il pas une solution alternative à s’appeler Kamini et faire un tube de rap des campagnes pour sortir de ce no man’s land ?!!!

La monotonie me coupe l’appétit. Elle donne aux repas un goût amer.

Allez, et si demain on allait au Flunch ?

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