Musique – Grand Corps Malade

septembre 15, 2006

Midi 20

Pour les intimes, il s’appelle Fab. Pour les autres, c’est Grand Corps Malade. Aux portes de la trentaine, ce grand gaillard est un peu monsieur tout le monde, celui que l’on croise dans une rue de banlieue sans se retourner, en jetant peut-être un rapide coup d’œil sur sa troisième jambe, sa fidèle béquille.

Et ce jeune homme est pourtant un prodige du « slam », cet art de la rue peu connu du grand public, sorte de poésie moderne de banlieue, de rap subtil dépourvu de vulgarité et de revendications aveugles, qui raconte des histoires en jouant avec les mots, en jouant avec les rimes. Grand Corps Malade c’est cela, une sorte de naïveté brute et spontanée qui possède la simplicité des mots sonnant étonnamment justes.

Son premier album « Midi 20 » résonne comme un message de paix, un lien pur et clair par lequel l’artiste semble nous tendre la main pour nous ouvrir au slam. Dans St Denis il nous fait parcourir et nous ouvre les yeux sur les rues exotiques et pluri-raciales de la banlieue nord de Paris, nous fait entendre ses sons et ses voix, nous fait sentir ses odeurs. Midi 20 est un cri du cœur emmené par une mélodie pianotée sur lequel il pose un texte mélancolique sur le temps qui passe trop vite pour profiter de tout, ponctué d’épreuves comme son accident suite auquel il sortira en partie paralysé. Grand Corps Malade… Sixième sens aborde avec finesse le sujet du regard sur le handicap et s’élève avec beauté sur la notion de courage et d’envie de vivre.

Alors que le slam est à l’origine un art parlé, Grand Corps Malade nous propose de le découvrir en l’enveloppant de musique. Fabuleuse alchimie. La musique élève le slam, lui donne corps et beauté. Dans Chercheur de phases, l’artiste nous parle d’écriture et de composition, accompagné dans une superbe ballade de contrebasse, flûte traversière, violons et percussions. Les voyages en train est la preuve que le sujet de l’amour est en chaque artiste, même en ceux qu’on n’attendait pas sur ce registre.

Certes il faut s’ouvrir, accepter la résonance rap de la première écoute. Il faut tendre l’oreille à ces mots simples qu’on croit assemblés uniquement pour la rime, mais qui très vite prennent un sens lumineux, intelligent et touchant. En concert, cet homme est un magicien. Quasi-immobile au milieu de la scène, ce grand corps mince d’où sort une voix rauque. Nous étions quelques centaines, autour de lui, comme autant d’amis réunis par son charisme. En quelques instants il nous a fasciné par sa simplicité, son honnêteté, sa proximité. Quel bel exemple d’humilité, bien loin des pantins gesticulants que sont les rock stars…

Grand Corps Malade

« Le slam est peut-être un art, le slam est peut-être un mouvement, le slam est sûrement un Moment… Un moment d’écoute, un moment de tolérance, un moment de rencontres, un moment de partage. » Grand Corps Malade.

http://www.grandcorpsmalade.com/accueil.htm

2 Réponses to “Musique – Grand Corps Malade”

  1. thieu75 said

    Et bien j’en connais un qui doit être bien content de t’avoir fait découvrir cet artiste … surtout sur une scène rock !

    Grand corps malade et raiohead dans la même soirée. Un beau programme, non ?

    Tu as fini par craqué sur l’album ! Cela m’a fait le même effet. C’est grâce à cet accompagnement si éloigné de ce qu’on trouve dans la mouvance rapeuse !

  2. isa92 said

    Hello 🙂
    Merci pour ton comment sur les magnifiques Radiohead laissé sur mon Blog.
    J’aime aussi beaucoup Grand Corps Malade …

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