Rock en Seine

Alors voilà, trois jours se sont écoulés depuis le concert de Radiohead à l’occasion du festival Rock en Seine 2006 de St Cloud. L’incroyable richesse du concert, la manière si intime dont il a pu m’émouvoir et me marquer, tout cela m’a donné la furieuse envie d’écrire un article sur ces 90 minutes de pur bonheur. Dès le lendemain je ruminais avec amertume mes réflexions en pensant n’être pas à la hauteur pour écrire ces quelques lignes, trouver les mots justes pour tenter de retranscrire fidèlement ce que j’ai vécu ce soir-là. Mais là s’en est trop, tous les matins je m’éveille avec Radiohead, l’esprit flottant dans une réminiscence musicale et bleutée, un vieux rêve qui était pourtant réalité, comme un rappel. « Vas-y, écris-le cet article ».


Premier concert de Radiohead de ma vie, depuis 27 ans, moi adolescent fan de Radiohead depuis « The Bends » il y a dix ans et aujourd’hui jeune homme passionné par ce groupe essentiel comme titrait le récent hors-série des Inrockuptibles. J’ai découvert Radiohead en fouillant la Cdthèque de ma grande-sœur, à la recherche désespéré d’un groupe inspiré, affamé que j’étais après avoir épuise l’œuvre de Kurt Cobain et ses deux acolytes et très vite fait le tour des Offspring et autres Foo Fighters. Radiohead, initialement parce que la pochette du disque et la police du nom avait accroché mon regard… A la première écoute de « The Bends », en tant que musicien j’avais pensé immédiatement « Tiens… ces mecs font tout pour essayer de faire de la musique sympa mais ça s’entend trop, c’est presque caricatural. » Dans la foulée je découvrais « Pablo Honey » et puis quelques temps après, je me retrouvais complément accro. En 97, j’ai vécu la révolution (inter)planétaire « Ok computer » comme tout le monde, boulimie de titres éternels et fascinants, après la découverte en avant-première du furieux Paranoïd androïd sur MTV que j’avais enregistré sur un cassette passée en boucle dans ma chambre. Mon bac S fut résolument Radiohead.


Certes j’ai lâché prise, comme beaucoup, suite au déroutant « Kid A », en 2000. Déçu, j’avais l’impression que Radiohead s’était perdu quelque part dans l’espace. Moi j’avais les pieds sur terre, incapable de les suivre, tout juste impuissant à les voir s’éloigner vers d’autres horizons qui me paraissaient bien incertains : « Amnesiac » et « Hail to the thief » passèrent complètement inaperçu dans ma petite vie tranquille. Et il m’a fallu quelques années pour grandir un peu et rouvrir enfin mes yeux, grâce au mémorable concert acoustique de Radiohead dans l’excellente émission d’Arte Music2night. J’étais à nouveau conquis, fasciné, j’avais compris Radiohead ou j’étais prêt pour les comprendre, je retrouvais ma passion pour la musique, pour le rock, pour les bidouillages électros, pour Radiohead de A à Z. Dans la foulée je m’achetais les deux derniers albums que je dévorais chaque jour sur le trajet du travail. C’était reparti pour une grand passion, il ne restait plus qu’une seule chose pour vivre pleinement ce fanatisme, c’était un live. Un concert. Un vrai.


Nous étions des milliers à attendre fébrilement l’arrivée du quintette, serrés les uns contre les autres dans la nuit tombante. J’étais avec mon ami Mat, perdu dans la foule loin de la scène, et entre deux tignasses on pouvait voir les deux écrans géants latéraux. « On s’en fout » m’avait dit Mat, « On est là pour la musique ». Et puis on a entendu, comme une lointaine clameur, le soulèvement des voix des premiers rangs : ça y est, ils étaient là. Autour de moi tout le monde s’est mis sur la pointe des pieds me donnant l’impression de m’enfoncer dans le sol. Le concert débuta par une version parfaite de Airbag. Brut, sonore, sans concession, nous étions rentrés immédiatement dans le concert. Nous avons ensuite dégusté les titres connus et moins connus de Radiohead, retraçant le parcours non tracé de «The bends » à « Hail to the thief ». J’étais conquis, je me délectais de cette incroyable présence du groupe et de la manière magique dont la musique venait envelopper le lieu. Je fermais les yeux et j’étais enfin seul avec Radiohead, m’imprégnant égoïstement des riffs de guitare, des accords électroniques enveloppés par les mélodies inimitables de Thom Yorke. National anthem et Paranoïd androïd nous ont cloués sur place, Iron lung m’a rappelé l’impact de « The Bends », There there m’a remémoré l’incroyable richesse du dernier album en date. Régulièrement, Mat se tournait vers moi avec ce sourire de satisfaction si caractéristique, et ce regard que je ne lui connaissais pas où se mêlaient étrangement surprise et fascination. A mi chemin de ce voyage nous avons fait une pause lyrique avec Fake plastic trees, un de mes titres sinon MA chanson culte du groupe. Version épurée dans sa partie acoustique, planant sur un silence quasi parfait de l’auditoire juste accompagné par le murmure discret de quelques centaines de fans s’improvisant seconde voix. Inoubliables instants. Trois ou quatre « nouvelles chansons » (prononcez à l’anglaise) lancinantes, sont venues ponctuer le concert. Je prédis que 2007 sera une grande année pour Radiohead, et pour la musique en général.


Karma police
fut la chanson de clôture du concert. Comme si, en guise d’au revoir, Radiohead avait voulu nous offrir le titre universel, celui que la planète entière à entendu, après l’historique Creep, celui qui réconcilie les fans de la première heure et les néophytes de « Hail to the thief ». Ce titre dont tout le monde connaît le refrain. « This is what you get when you mess with us ». Voilà ce qui vous arrive, lorsque vous venez vous frotter à nous. 90 min d’un voyage lumineux au cœur des étoiles, une évasion colorée et lyrique, à la fois fragile et rageuse, poétique et violente, un tableau musical fascinant peint par un groupe hors du temps, mené par l’incroyable inspiration de Thom Yorke.


Certains se risquent à élire un groupe ou un autre comme étant le « meilleur groupe du monde ». D’autres, comme Oasis, ont même l’ignoble prétention de s’auto proclamer comme tel. Il n’y a pas de « meilleur groupe du monde ». Il y a d’abord des genres, des sensibilités et des goûts. Tous les goûts sont dans la nature. Chacun a son groupe, et moi j’ai le mien. Merci Radiohead.

Superbes photos du concert, c’est par ici

 

Officier de cavalerie 1 Officier de cavalerie 2

Peinture figurine ombrage éclaircissement acrylique 54 mm.

Excusez-moi, c’était des mots clés, juste pour générer du passage sur mon blog :s !!!

Ca y est, j’ai terminé l’officier de cavalerie de chez Art Girona, sculptée par l’incontournable Raul Latorre… Le temps de bien laisser sécher la colle sous les pieds, laver les pinceaux, poser un dernier œil critique sur le sujet et hop ! Une de plus dans la vitrine ! Je commencerai par résumer mon travail en quelques points clés, suite à quoi vous pourrez trouver un article complet comportant les détails de sa réalisation.

Toutes les peintures utilisées sont des acryliques Prince Auguste.

Uniforme : une teinte de base plus sombre a été utilisée pour la partie située sous la ceinture de manière à accentuer le dégradé vertical,

Ceinture : utilisation d’une teinte jaune ombrée au marron puis au noir,

Gants : application d’une couleur de base sombre éclaircie rapidement vers le blanc pur,

Socle : barrière en balsa, baril du commerce en résine, herbe synthétique recolorée, végétation naturelle repeinte.

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Visage

Comme pour toutes mes figurines, j’ai commencé par la réalisation du visage. Après avoir tenté un mélange plus sombre que d’habitude, j’ai obtenu ce qui pouvait plus ou moins ressembler à un mort-vivant, à savoir une teinte pâle sur un fond grisâtre, problème que j’ai très vite résolu en décapant le visage au dissolvant (procédé psychologiquement difficile pour un figuriniste par définition soigneux !). La deuxième tentative, maîtrisée car éprouvée (mélange de base couleur chair moyen 960 + blanc 951 + marron + une pointe de rouge de cadmium brûlé 514), m’a donné plus grande satisfaction.

Uniforme

Concernant la peinture de l’uniforme, j’ai souhaité dès le départ créer un premier contraste en utilisation deux teintes différentes, opération facilement réalisable par la présence de la ceinture séparant en deux la figurine. Le mélange de base utilisé comporte du Bleu de prusse foncé 899, du Bleu mat 962 en égale quantité ainsi qu’un peu de marron, la teinte supérieure comportant davantage de Bleu mat (plus clair) Les ombrages ont été réalisés en rajoutant du noir dans le mélange de base, jusqu’au noir presque pur pour les parties les plus sombres, les éclaircissements ont été menés en rajoutant progressivement du Bleu mat puis du blanc pur dans le mélange. Sur certaines parties il est nécessaire de venir fondre tant bien que mal (le séchage étant quasi instantané) les couleurs à l’aide d’un pinceau fin humide. Les boutons ont été peints à l’encre d’imprimerie dorée assombrie par un glacis de noir (bien attendre le séchage de l’encre, 24 h pour être tranquille).

Gants

Pour la peinture des gants, j’ai souhaité partir d’une teinte sombre et accentuer le travail vers les clairs (habituellement je pars d’une teinte moyenne, ombrée puis éclaircie). Classiquement j’utilise un mélange comportant du Blanc 951, du Gris vert 886 et de l’Ocre jaune 913 à des doses plus ou moins définies. L’expérience est positive, une réserve étant donnée, sans surprise, aux teintes comportant une grande quantité de blanc donnant un aspect granuleux pour un séchage très rapide, ce défaut étant surtout visible à la loupe.

Ceinture

La teinte de base, son ombrage et ses éclaircissements n’ont pas posé de problème particulier, cependant j’avais pour idée d’accentuer l’ombrage par un glacis au noir. Mauvaise idée. Le résultat obtenu est un aspect très sale, laborieusement rattrapé en réappliquant une teinte jaune, éclaircie par la suite. Ce n’est jamais bon de repasser sur une couleur déjà travaillée !

Socle

J’ai apporté un grand soin à la réalisation du socle, lassé certainement par l’accumulation des « travaille tes socles », « travail tes décors » et autres « tes socles sont un peu pauvres »… J’ai donc décidé de réaliser ma première barrière à partir de vieux bouts de balsa retrouvés dans mon bazar figurinistique. Les parties verticales, plus épaisses, ont été percées pour y insérer les planches horizontales. Elles ont été poncées et légèrement retravaillées au mastic. J’ai rajouté des rainures au cutter avant de les peindre. La barrière a été collée à la superglue sur le socle, avant de la consolider à l’aide du rebouche-bois servant de matériau de base sur le socle.

Le baril est issu d’un produit de chez Verlinden, payé une fortune. Mais après tout le résultat est plus qu’acceptable, avec une gravure plutôt bien réussie.

Baril Verlinden

Le revêtement du socle est une herbe synthétique recolorée à l’aide d’un mélange de verts et de marron, éclaircie rapidement vers des tons très clairs pour lui donner du volume. Pour les plus curieux, les photos de la progression sont ici.

Pour plus d’originalité et pour créer un lien entre la figurine et son socle, j’ai décidé de fixer le sabre sur la barrière plutôt que le lier à la figurine et je suis tout à fait satisfait de l’effet produit, même si le sabre est légèrement caché par le baril.

Cette figurine rejoint le zouave des « Tiger rifles » de la même époque, à savoir la guerre d’indépendance américaine.

Prochaine figurine : un officier d’artillerie napoléonienne, une commande de mon « client-collectionneur » qui doit l’attendre depuis le début de l’année… au boulot !

J’ai 27 ans !

août 11, 2006

Et j’ai appris que le PC fête ses 25 ans aujourd’hui… Merci Bill Gates car sans toi ce blog n’existerait pas, mais je te préviens, au prochain changement j’opte pour du Steve Jobs !

Peintures

Quel plaisir de retrouver le pinceau et la palette, de réapprivoiser les caprices de la peinture acrylique et se battre sans cesse avec le bout de ses doigts pour obtenir l’effet qui accroche l’œil, l’ombrage réaliste, la lumière qui tombe… Après plusieurs mois d’absence à mon atelier de peinture, j’ai comme l’impression de redécouvrir l’art de peindre des figurines, imprégné d’une maturité nouvelle. Ca peut paraître dénué d’intérêt de le dire, mais la peinture est une question de patience. Ce n’est pas tant de patience temporelle dont il s’agit, car celle-ci toute personne quelque peu minutieuse est en mesure de l’acquérir, mais je veux parler de cette patience et cette indulgence envers soi-même, si difficiles à cultiver. Avec l’expérience je constate ma capacité à peindre sans me soucier du temps, sans penser de manière obsédante aux prochains concours, au nombre d’heures passées plié en deux sur mon bureau, un pinceau dans les mains et une loupe autour du crâne.

Pinceaux

Je connais certains peintres de haut niveau incapables de se passer de peinture : à peu de chose près, ils ont 365 jours par an un pinceau dans les main. Ca tourne à l’obsession… C’est pas trop le but pour moi. Je crois que l’atteinte du plaisir insouciant, dans la peinture telle que je la pratique est un but réellement difficile à atteindre. Je tente peu à peu de me détacher de l’auto-exigence et de l’insatisfaction permanente, omniprésentes dans cette activité. Pourtant il faut savoir doser celles-ci patiemment car elles sont la source unique de progrès.

S’il fallait résumer en une idée la peinture de figurines, à mes yeux, c’est d’apprendre à accepter son imperfection. Avec l’expérience acquise au fil des années, pourtant assez limitée, je connais par coeur l’insatisfaction ressentie de manière constante lors de la peinture d’une figurine, effacée au final par l’incroyable plaisir de la voir terminée dans la vitrine, comme si, finalement, je pouvais me dire « tu vois, tu t’en sors pas si mal que ça ! »…